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Atteintes à la liberté religieuse en Chine

La situation des religions en Chine est alarmante. Plusieurs cas d’atteinte aux libertés religieuses ont été notés ces derniers mois. Certaines minorités religieuses se voient retirer leurs passeports, d’autres leurs organes. Par ailleurs, de nombreux croyants protestent en s’immolant par le feu.

 

Les Ouïgours à l’Ouest de la Chine

Cette minorité ethnique turcophone et musulmane sunnite se voit dans l’impossibilité de se déplacer. Pour cause, les autorités ont décidé de supprimer leurs passeports afin de « maintenir l’ordre ». Alors qu’en France, un passeport sert à voyager vers des pays étrangers, en Chine, il sert également à se déplacer à l’intérieur du pays. Cette mesure fait suite à d’autres restrictions. Après les attaques de novembre 2015 en France, la police du Xinjiang a coupé la connexion mobile d’utilisateurs de VPN. Ces outils permettent d’utiliser des applications non contrôlées voire interdites par le gouvernement comme WhatsApp ou Facebook. Déjà en 2009, Internet avait été interrompu pendant 6 mois dans cette région. Du point de vue des autorités, tout cela n’est qu’une réponse à ce qu’ils décrivent comme une montée du terrorisme : certains candidats au jihad ont utilisé de faux passeports et le groupe Etat islamique diffuse sa propagande en mandarin depuis un an.

 

Immolations au Tibet

Depuis 2009, 145 personnes se sont immolées par le feu au Tibet situé à l’Ouest de la Chine. La plupart des auteurs de ces actes demandent le retour du Dalaï-Lama sur ses terres d’origine. En visite au Parlement japonais, le 16 novembre, le Dalai Lama a rappelé qu’il s’opposait à l’indépendance du Tibet pour des raisons économiques, entre autre, mais a souligné que le gouvernement chinois a la responsabilité de préserver la culture bouddhiste au lieu de la détruire.

 

Les minorités religieuses, victimes de vols d’organes ?

Et si les autorités chinoises forçaient les minorités ethniques à donner leurs organes ? Déjà en 2006, deux avocats avaient fait un rapport alarmant à propos des difformités dans la collecte d’organes en Chine. D’une part, entre 60 000 et 100 000 organes auraient été collectés de force depuis 2000. D’autre part, moins de 3 000 personnes sont inscrites sur les registres de donneurs volontaires, créés en 2010. Selon un rapport de la Commission européenne sorti en 2016, la Chine utiliserait des prisonniers idéologiques (religieux et politiques) pour subvenir aux demandes de dons et aider les programmes de recherche. Celui-ci cite notamment les prisonniers du Falun Gong, un nouveau mouvement religieux, victimes de ces collectes d’organes. D’après la Commission européenne, la Chine n’a pas offert de réponse crédible et transparente à ces accusations.

 

Finalement, si dans sa Constitution, la Chine se dit être un pays à « liberté de croyance religieuse », cette dernière devrait être plus encadrée, afin de renforcer la liberté religieuse.

Alix Guiho et Anne-Laure Juif

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