Sport

Bilan de la première semaine de Roland Garros

Depuis une semaine, les coups de raquette se multiplient sur les courts des Internationaux de France. Pour vous, Divague vous résume ce qui s’est passé durant la première partie de compétition.

La sensation de la semaine : Kristina « Kiki » Mladenovic

Un spectateur : « Kiki on t’aime » – Mladenovic : « Moi aussi je vous aime ! »

Il y a quelque chose qui se passe entre Kristina Mladenovic et le public de Roland Garros. Un amour mutuel ponctué par des performances splendides de la joueuse française. Dès le premier tour, « Kiki » a fait chavirer le court Philippe Chatrier avec sa victoire au bout du bout face à Jennifer Brady (3-6, 6-3, 9-7). « Je me suis un peu bloqué le dos hier (la veille du match, NDLR), je n’étais pas sûre de rentrer sur le court mais vous m’avez poussée jusqu’au bout » a-elle avoué au public parisien après le match, les yeux humides. Une victoire au courage, pleine de hargne et de persévérance. Après un second tour sans encombre face à Sara Errani, la jeune femme de 24 ans a livré un nouveau combat magnifique et dans la douleur face à Shelby Rogers, lors du troisième tour. Menée 5-2 dans le dernier set, la Tricolore a inversé la vapeur pour s’imposer (7-5, 4-6, 8-6), sous les clameurs de la foule. Mais sa plus grosse prestation a eu lieu ce dimanche. En huitièmes de finale, une spécialiste de la terre battue se dressait devant elle, en la personne de Garbiñe Muguruza, tenante du titre. Qu’importe, la fougue de Mladenovic l’a emporté (6-1, 3-6, 6-3) sur son adversaire. « On est en quarts de finale » s’est exclamée Mladenovic, émue aux larmes devant un public lui hurlant toute son affection.

Opposée à Timea Bacsinszky, la Nordiste de naissance aura à nouveau besoin du soutien formidable du public de Roland Garros pour tenter d’intégrer le dernier carré.

Nos Français et Françaises

Les filles au top

Mais Kiki Mladenovic n’est pas la seule Française à performer lors de ces Internationaux de France. Deux de ses compatriotes l’accompagnent en deuxième semaine : Caroline Garcia et Alizé Cornet. Trois Bleues encore en lice après trois tours de compétition, cela n’a pas été vu Porte d’Auteuil depuis… 1994. Pour Garcia, la qualification à ce stade de compétition a été acquise à la dure, face à une résistante Su-Wei Hsieh (6-4, 4-6, 9-7). Quant à Cornet, son parcours a été marqué par une victoire écrasante sur la tête de série numéro 9, Agnieszka Radwanska (6-2, 6-1).

Ce qui est également certain, c’est que Mladenovic ne sera pas la seule bleue à disputer un quart de finale sur la terre de Roland Garros. Pour cause, les deux Françaises sont opposées dans un huitième de finale qui s’annonce bouillant. On le sait, Garcia et Cornet ne s’apprécient pas du tout. Petit rappel de l’origine de l’embrouille. Le 10 avril dernier, Garcia publie un communiqué affirmant qu’elle est blessée au dos. Ayant choisi de ne pas participer à la campagne Fed Cup avec l’équipe de France, la jeune joueuse se fait reprendre de volée par ses partenaires et notamment par Alizé Cornet. Un tweet laconique « LOL » interprété comme une réponse à cette blessure, alors que le match de barrage de la sélection française approchait à grands pas… Dès lors, les relations demeurent conflictuelles entre les deux joueuses malgré une tentative de réconciliation de la part de Cornet : « On n’a jamais passé beaucoup de temps ensemble avec Caro, mais il y a eu des relations amicales et cordiales. J’ai bon espoir que dans les prochains mois on en discute et on pose tout à plat. Le temps efface toujours les choses ». Mais le temps du rapprochement ne parait pas être d’actualité, à en croire la riposte cinglante de la principale intéressée : « Aller boire un café pour en discuter avant la rencontre ? Ni avant, ni après ! Tant qu’il n’y aura pas d’excuses, ça n’ira pas ». Voilà qui est clair sur la relation glaciale entre les deux tricolores. La confrontation, programmée ce lundi, promet d’être tendue, très tendue…

Depuis plusieurs semaines, la situation est électrique entre Alizé Cornet (à gauche) et Caroline Garcia. (© Getty Images)

Hommes : la panne sèche

Chez les hommes c’est la soupe à la grimace. Gaël Monfils jouera bien un 8ème de finale face à Stan Wawrinka. Mis à part ça, aucun Français n’est parvenu à se hisser en seconde semaine. Une performance très décevante pour le clan bleu, notamment décimé après le premier tour. Sur les 19 représentants présents au début de la compétition, seuls 6 ont passé le premier… En chef de file, Jo-Wilfried Tsonga s’est fait sortir dès le premier match. Récent vainqueur de son premier tournoi sur la surface, le numéro 1 français n’a pas confirmé son statut en échouant devant Renzo Olivo (7-5, 6-4, 6-7, 6-4). Tout comme lui, Gilles Simon, Benoit Paire ou encore Jérémy Chardy n’ont pas vu plus loin que le premier tour.

Lucas Pouille, le jeune espoir du tennis tricolore, s’est lui incliné au troisième tour au terme d’un match à rallonge face à Ramos Vinolas. Une défaite frustrante pour Pouille, touché physiquement durant le match. Autre Français éliminé à ce niveau de compétition, Richard Gasquet. « Richie » a dû abandonner face à Gaël Monfils, victime d’une lésion musculaire à la cuisse droite. Une édition amère donc pour les hommes, qui s’étale également au double messieurs. La paire Herbert-Mahut s’est fait éjecter dès le premier tour, malgré le statut de tête de série numéro 2… 

La der’ pour PHM

Il était parvenu à s’extirper des qualifications pour pouvoir participer au quinzième et dernier Roland Garros de sa carrière. Éliminé sèchement au premier tour, Paul-Henri Mathieu laisse derrière une lui une carrière emplie de coup d’éclats et de victoires avec les tripes sur les terres de la Porte d’Auteuil. Face à David Goffin, l’ex numéro 12 mondial a dit adieu au public parisien.

Clap de fin pour PHM sur le tournoi parisien. (© Pascal Rossignol / Reuters)

Les confirmations

Rafael Nadal : le sans faute

L’Espagnol est le grand favori de cette édition de Roland-Garros. Cette première semaine de compétition n’a fait que confirmer, si ce n’est renforcer, ce sentiment. Le taureau de Manacor a croqué la première partie de la compétition et a dévoré ses adversaires un à un. Pas une manche concédée, des matches expédiés en moins de deux heures, et un niveau de jeu irréprochable. Rafa, qui a soufflé ses 31 bougies ce 3 juin, a retrouvé pleinement ses sensations et capacités à Roland Garros, après deux éditions gâchées par les blessures (sorti au troisième tour en 2015 et absent en 2016). La Decima lui tend les bras. Reste juste à Nadal de concrétiser le tout en deuxième semaine sur cette surface ocre qui l’a fait roi.

Les parcours de Wawrinka, Murray et Djokovic

Derrière Nadal, Stan Wawrinka semble être le plus performant après une semaine de compétition. Auteur d’une préparation sur terre battue en demi-teinte, le Suisse au revers foudroyant arrivait du côté de Paris avec peu de certitudes. Toutefois, dès que le poulain de Magnus Norman est lancé, rien ne semble être en mesure de l’arrêter. Depuis le début de la quinzaine, Wawrinka enchaîne avec régularité, en écartant sans véritable problème chacun de ses adversaires.

Ce qui n’est pas vraiment le cas des autres favoris au sacre. Andy Murray, numéro un mondial, a dû s’employer par deux fois pour se qualifier au tour suivant. Face à Kuznetsov, puis face à Klizan, le Britannique a perdu à chaque fois un set et a dû batailler pour ne pas s’embarquer dans un match à rallonge. Cependant, il reste sur une brillante performance face à Juan Martin Del Potro (7-6, 7-5, 6-0). De quoi lancer réellement son tournoi ? La confirmation de ce regain de forme est attendue face à Karen Khachanov (match programmé ce lundi).

Quant à Djokovic, la première partie de tournoi n’est guère plus encourageante. Après deux premiers tours tranquilles, le nouvel élève d’Andre Agassi s’est fait une frayeur en l’emportant au set décisif face à Schwartzmann (5-7, 6-3, 3-6, 6-1, 6-1). Une simple alerte, de suite corrigée par une victoire aboutie en huitième de finale face à Ramos Vinolas (7-6, 6-1, 6-3). Mais attention pour Nole, le prochain adversaire est d’un tout autre calibre…

Dominic Thiem : fougue et insouciance

Car, oui c’est Dominic Thiem que Djokovic affrontera en quart de finale. L’Autrichien est en grande forme cette saison. Et il ne cesse de le prouver lors de cette campagne terrienne avec comme point d’orgue de sa préparation, une victoire contre Rafael Nadal à Rome (seule et unique défaite de Nadal en 2017). Demi-finaliste la saison passée, le jeune talent possède les clés pour faire passer Djoko à la trappe. Le joueur de 23 ans aura aussi à cœur de prendre sa revanche sur le numéro 2 mondial, qui l’avait pulvérisé récemment à Rome (6/1 6/0). Programmé mardi, le match s’annonce d’une intensité impressionnante, surtout quand on sait que le vainqueur de cette rencontre serait l’adversaire potentiel de Rafa Nadal en demi-finale.

Intraitable sur terre battue cette saison, Thiem peut jouer les trouble-fêtes jusqu’au bout. (© Reuters).

Svitolina et Halep assurent

Elina Svitolina est toujours en lice pour une première couronne en Grand Chelem. L’Ukrainienne, tête de série numéro 5, a laissé un set en route face à Pironkova mais n’a pas encore été véritablement embêtée jusque là. La joueuse la plus titrée cette saison ferraillera au prochain tour avec la Croate Petra Martic.

Simona Halep, la Roumaine,  poursuit son bonhomme de chemin dans ce tournoi parisien. Touchée à la cheville juste avant le majeur français, la joueuse semble aller bien mieux. Elle n’a certes pas eu encore de gros test, mais la numéro 4 mondiale n’a toujours pas perdu de set.

Les surprises

Fernando Verdasco, l’infatigable

On savait le Madrilène capable de battre n’importe qui, n’importe où. Vainqueur du duel qui l’opposait au récent vainqueur du Master 1000 de Rome et numéro 10 mondial, l’Allemand Alexander Zverev, Fernando Verdasco a par la suite prouvé que ce n’était pas un coup d’éclat sans lendemain. Le voilà désormais en huitième de finale, face au Nippon Kei Nishikori, tête de série numéro 8.

Khachanov, le fulgurant

Karen Kachanov a décidé de sauter plusieurs marches dans sa progression lors de ce Roland-Garros. Le Russe de 21 ans fait partie des espoirs du circuit mondial. Classé à la 53ème place du classement ATP, le Moscovite a assommé avec ses coups puissants Tomas Berdych au 2ème tour puis John Isner au tour suivant. Des performances qui lui permettent d’atteindre pour la première fois de sa carrière les 8èmes de finale en Grand Chelem.

Ostapenko en coupeuse de têtes

Qui aurait mis une pièce sur la présence de la jeune Lettone Jelena Ostapenko en 2ème semaine ? À vrai dire pas grand monde. Avec l’élimination de la numéro 1 mondiale dans sa partie de tableau, Ostapenko en a profité pour se hisser en huitième de finale. Avec au passage une victoire sur la solide Samantha Stosur, finaliste à Roland-Garros en 2010.

Les déceptions

Alexander Zverev, encore en apprentissage

« J’ai joué comme une merde !”

Alexander Zverev est pétri de talent, mais il a encore de l’expérience à engranger. Ce qui ne manque pas à son bourreau du premier tour, Fernando Verdasco, 34 ans cette année. Dès le premier tour, le prodige allemand s’est fait sortir par l’inusable Espagnol (6-4, 3-6, 6-4, 6-2). Une élimination surprenante pour le récent vainqueur du Master 1000 de Rome. Et le moins que l’on puisse dire, c’est Zverev n’est pas adepte de la langue de bois pour parler de sa défaite : « Ce qui a fait la différence ? J’ai joué comme une merde. C’est assez simple ». Auto-analyse sans filtre…

Berdych ou l’inconstance

Le Tchèque Tomas Berdych n’était pas le favori numéro de ce tournoi. Un outsider plus qu’un véritable prétendant. Mais on ne s’attendait pas pour autant à le voir sortir dès le 2ème tour. La faute au géant russe Karen Kachanov (1m98), qui n’aura eu besoin que de trois petits sets pour renvoyer Berdych au vestiaire (7/5 6/4 6/4).

La désillusion pour Kerber

L’Allemande, numéro 1 mondiale, était sur le papier la mieux placée au classement. Mais cette dernière nous a très vite confirmé que la terre battue n’était vraiment pas sa tasse de thé. Un petit tour et puis s’en va. La Brêmoise s’est inclinée dès son entrée dans la compétition en deux petits sets (6/2 6/2) face à la Russe Ekaterina Makarova. Une nouvelle déception pour l’Allemande, qui a décidément du mal à confirmer sa brillante année 2016.

Le back-to-back manqué de Muguruza

Dire que Garbiñe Muguruza a totalement raté son tournoi serait un peu exagéré. Mais la tenante du titre a peut-être raté une belle occasion d’inscrire pour la deuxième fois son nom au palmarès parisien. En l’absence de Serena Williams, la jeune Espagnole a buté sur Kristina Mladenovic en huitième de finale. Une sortie prématurée pour la longiligne mais non moins puissante joueuse, habituée depuis 2015 à atteindre les quarts de finale. En conférence de presse, elle avouera avoir été déçue par l’attitude irrespectueuse du public du court Suzanne Lenglen.

Une de plus, une de moins pour Bouchard

Peut-on encore parler de déception avec Eugénie Bouchard ? La Canadienne commence malheureusement à nous habituer aux contre-performances depuis deux saisons et demie désormais. Demi-finaliste de l’édition 2014, Eugénie Bouchard n’a cette fois pas fait mieux qu’un 2ème tour. Une défaite expéditive face à Sevastova, certes mieux classée qu’elle, alors qu’on pouvait espérer un match un peu plus disputé après quelques prestations un peu plus convaincantes ces dernières semaines.

La polémique de la semaine : Maxime Hamou agresse la journaliste Maly Thomas

Le joueur français Maxime Hamou, 287ème mondial, s’est distingué cette semaine à Roland Garros non pas par ses performances sur le terrain mais pour son comportement inacceptable en dehors. Lors d’une interview avec la journaliste Maly Thomas pour Eurosport, le tennisman s’est permis d’embrasser à plusieurs reprises la journaliste. Conspué par de nombreux fans de tennis, mais aussi par de nombreuses personnalités, le jeune Français s’est vu retirer son accréditation à Porte d’Auteuil et a été prié de quitter le tournoi.

L’image de la semaine : Del Potro réconforte Almagro

Lors du 2ème tour, l’Argentin Juan-Martin Del Potro nous a offert une très belle image de fair-play. Alors que son adversaire, l’Espagnol Nicolas Almagro, était au sol, touché au genou et terriblement attristé par l’obligation de devoir abandonner, le géant argentin est venu le réconforter avec la sincérité qu’on lui connaît. La Tour de Tandil connaît mieux que quiconque cette terrible douleur de ne pouvoir défendre ses chances à cause de pépins physiques.

PS : Vous trouverez les tableaux officiels de la compétition en suivant ces liens : tableau femmes et tableau hommes.

Théo DORANGEON

Laurent YUS

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