Actualité Atelier Éclairage TDMA

Le bouclier antinucléaire de l’OTAN en Europe de l’Est

Divague vous embarque à destination de l’Europe de l’Est où la question nucléaire est d’actualité. Un projet de construction d’un bouclier antimissile propre à l’Europe fait polémique. A l’initiative de l’OTAN, il n’est apprécié ni de la France qui dénonce une concurrence américaine, ni de la Russie qui le considère comme une menace. Des relations diplomatiques tendues et une « nouvelle course aux armements » selon Vladimir Poutine, sonneraient-elles comme un retour à la guerre froide ?

Un projet de bouclier antinucléaire qui ne date pas d’hier

En mai 2016, l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (l’OTAN), inaugurait en Roumanie un premier site de protection contre d’éventuelles attaques nucléaires sur le sol européen. Une première étape dans la mise en place d’un bouclier antimissile propre à l’Europe. Le projet fondé sur la technologie américaine s’est élevé à 800 millions de dollars. Il a été suivi par le lancement d’un deuxième chantier, cette fois-ci en Pologne. Mais ces deux bâtiments ne fonctionnent pas seuls puisqu’ils disposent d’un soutien stratégique et militaire dans d’autres pays. Des radars sont installés en Turquie et au Royaume-Uni, tandis qu’en Allemagne, a été créé le centre de commandement du programme appelé Aegis. Mais ce projet de défense antinucléaire européen n’est pas nouveau, dans la mesure où il a été conclu par un accord à Lisbonne en 2010.

Un projet de bouclier antinucléaire qui fait l’actualité

Bien que son existence soit connue depuis quelques années, ce projet fait de nouveau l’actualité. En réponse à cette dernière installation, Vladimir Poutine a notamment ordonné, jeudi 22 décembre, un renforcement pour 2017 de la force de frappe nucléaire russe. Son souhait ? Etre en mesure de percer tout bouclier antimissile, comme celui que Washington a souhaité déployer en Europe orientale. Rappelons le, les 28 États membres de l’Alliance ont déclaré le vendredi 8 juillet 2016 lors du sommet de Varsovie la « capacité opérationnelle initiale » du système permettant d’intercepter une frappe discontinue venue de l’adversaire que l’on ne nomme pas – l’Iran.

Le chef d’Etat russe avait d’ailleurs fait état en juin 2015 du déploiement, au sein des forces nucléaires, de plus de 40 nouveaux missiles balistiques intercontinentaux. Capables de « percer les systèmes de défense antiaérienne les plus sophistiqués », ils répondaient ainsi au projet américain d’installation d’armes lourdes en Europe de l’Est.

Cette affaire fait l’actualité en raison de l’inquiétude de la Russie du déploiement des sites. Moscou dénonce celui-ci comme étant dirigé contre sa capacité de dissuasion nucléaire. Washington affirme, de son côté, que ce bouclier est uniquement destiné à protéger l’Europe d’une éventuelle menace iranienne.

Un projet de bouclier antinucléaire qui fait polémique

La Russie, dès le départ était fermement opposée au projet. Vladimir Poutine y voyait déjà une déclaration d’hostilité lancée directement contre les Russes. Les propos de mai 2016 de Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, sont on ne peut plus clairs : « Le déploiement du système antimissile est en soi une menace pour la sécurité de la Russie ». C’est sans nul doute la localisation de ce bouclier, dans les pays d’Europe de l’Est, qui a poussé le Kremlin à réagir.

La France, pourtant membre de l’OTAN, voit elle, la construction de ce bouclier, qui devrait s’achever en 2020, comme une concurrence américaine, à la fois stratégique et financière. Les Etats-Unis sont en effet constructeurs et financeurs du projet.

Un projet de bouclier antinucléaire au parfum de guerre froide ?

Entre une Europe qui se protège via l’argent et la technologie américaine, et une Russie qui accuse l’OTAN d’agressivité, la question se pose. Vladimir Poutine avait accusé à la fin du mois de juin l’OTAN de vouloir entrainer son pays dans une nouvelle course aux armements qu’il qualifiait de « frénétique » et de rompre « l’équilibre militaire » existant en Europe depuis la dislocation de l’URSS.

Rappelons que durant la guerre froide, l’équilibre de la Terreur au sens d’une « destruction mutuelle assurée » n’est pas apparu subitement avec l’explosion de la première bombe nucléaire au Nouveau-Mexique le 16 juillet 1945. Il aura fallu attendre, en réalité, plus d’une dizaine d’années pour que cette destruction devienne une évidence et un enjeu dans les esprits des deux Blocs. En effet, jusqu’en 1962, année de la crise des missiles de Cuba, les Américains disposaient en matière nucléaire d’une supériorité absolue, qui est devenue ensuite seulement relative, avant que les deux acteurs majeurs atteignent une quasi parité.

Avec cette idée d’une re-contextualisation de la guerre froide et de surcroît avec ce paroxysme nucléaire des années 60, nous pouvons nous demander, dans quelles mesures les relations internationales sont-elles en train d’évoluer aujourd’hui. L’arrivée de Donald Trump au pouvoir peut-elle changer ce processus d’opposition de blocs, toujours enraciné ?

C’était le sujet de « L’actu en débat », lundi dernier, auquel les auditeurs du Tour Du Monde de l’Actu ont participé. Ne vous inquiétez pas, ce n’est pas trop tard. Retrouvez l’émission ici :
https://soundcloud.com/search?q=tour%20du%20monde%20de%20l’actu

Sarah Ouagueni
Margot Turgy
Alix Guiho

0 Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Scroll Up