Voyage

Divague ailleurs : on a mangé des trdelník à Prague

En mai, on est allé se ressourcer à Prague, loin de la surpopulation parisienne et de la pollution française. En excursion pour s’évader avant les chaleurs et les touristes estivaux, on a découvert une ville au charme d’antan. Alors que d’aucuns disent de Paris qu’elle est la ville des amoureux, la capitale tchèque nous est apparue comme l’autre face de la capitale française : le calme, avant la tempête des passions. On y a vu le Prague de Kafka, le Prague superficiel des touristes, et aussi le Prague ancestral dont le cœur se dérobe à ceux qui n’ouvrent pas les yeux.

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Le charme d’antan dans les lueurs du soir, avec le pont Charles

Prague, ville des amoureux

On dit souvent de Paris qu’elle est capitale de l’amour. Et pourtant, après avoir voyagé en Europe centrale, cette vision est remise en question. Le charme des deux villes n’est pas le même, il est même antithétique. Tandis que la plus grosse ville de France est bruyante, perpétuellement en mouvement, toujours embrumée de pollution et de saleté, celle de la République tchèque est relativement calme avec son centre piéton, et ses façades rafraîchies.

La maison qui danse

La maison qui danse au bord du fleuve

Entourée d’eau, telle une romance d’un autre temps, dominée par le château, sujet du roman inachevé Le Château de Kafka, la ville a tout du cadre romantique du XIXème siècle. Chaque soir, les lumières du soleil se reflètent dans les eaux du fleuve traversées par des ponts de pierre. Aperçues depuis les hauteurs, elles donnent à la ville un air de conte de fée.

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Les lumières du coucher de soleil depuis les hauteurs de la ville

Au cœur de la cité

Mais Prague est aussi une ville encaissée entre les collines, extrêmement petite (vous aurez fait le tour du centre-ville en moins d’une journée), dont le château qui la surplombe semble tout à la fois le gardien et la tour de contrôle. L’atmosphère pesante décrite par Kafka dans son roman Le Château est ainsi rapidement ressentie. Ainsi, quand survient l’été, les chaleurs deviennent tout de suite un écrasement.

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Sculpture mouvante de Kafka, figure de proue de la ville de Prague

L’attraction principale de la ville est l’horloge astronomique. Edifiée au XVème siècle, d’aspect gothique, cette horloge se trouve sur la place de la Vieille-Ville, qui rassemble l’Hôtel de Ville, l’église de Notre-Dame du Týn, un monument au martyr Jan Hus, et plusieurs bâtiments d’influences Renaissance, gothique ou encore rococo. Les façades de la vieille-ville y sont colorées et rehaussent cet aspect sombre et gothique. Depuis la place, part une enfilades de petites rues pavées, plus ou moins piétonnes, dans lesquelles se succèdent des échoppes alternant entre authentique et touristique. Les vendeurs d’alcool et de friandises sont les plus nombreux, comme pour combler la pénurie alimentaire sous influence soviétique.

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Sculpture éphémère en aide à des associations en plein centre-ville

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La place de la Vieille-Ville / L’horloge

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L’église de Notre-Dame du Týn / Les “Champs-Elysées” praguois

Mais LA spécialité de Prague est la pâtisserie. Ou plus exactement une pâtisserie en particulier : le trdelník. Ce gâteau n’est pourtant pas originaire de République Tchèque, mais de Slovaquie. Cependant, on le trouve partout dans le centre de Prague, à des prix pouvant varier du simple au double. Cette sorte de brioche sucrée, creuse, est proposée nature ou enduite à l’intérieur (de nutella, confiture, sucre…).

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Un panier de trdelník

L’authenticité, encore, parfois

Ce qu’un touriste appréciera à Prague est l’authenticité qui en reste. Contrairement à Paris, tous les quartiers ne sont pas encore touchés par les prix exorbitants de la surenchère touristique. Nombre d’espaces verts subsistent d’ailleurs en plein centre-ville et sur les bords du fleuve.Outre le taux de change avantageux qui permet aux européens de bénéficier d’environ 25 couronnes tchèques pour 1 euro, beaucoup de commerçants restent fidèles aux prix locaux plutôt qu’à un décalage dû au tourisme. Ainsi, vous pourrez boire une pinte pour 1 euro, vous loger dans une très bonne auberge de jeunesse en plein centre-ville pour 5 euros par nuit ou encore manger un sandwich ou un trdelník pour moins d’1 euro. A condition de savoir chercher.

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Vieux tramway passant devant l’opéra / Parc au bord de l’eau

Si le quartier Staré Město, symbolisé par les vieilles portes de l’entrée de la ville et la Tour Poudrière, conserve un peu d’authenticité, il n’en est pas de même pour les abords du château. Passé le pont Charles et le fleuve Vltava, dont les statues semblent protéger les musiciens, artistes et vendeurs à la sauvette, l’ambiance change.

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Tour Poudrière

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Pont Charles dans l’enfilade de rues de la Venise tchèque / Artistes et musiciens

Soudain, tout est cher, touristique. Même le mur de John Lennon est pollué de ce filtre “des choses vues par tous”. Depuis la rive, l’ascension vers le château fait passer par des rues aux commerces occidentalisés à l’extrême. Au milieu de toute cette agitation touristique se trouve l’église Saint-Nicolas de Prague. Cœur de Malá Strana, l’autre vieux quartier de Prague, cette église baroque est considérée comme une des plus belles d’Europe centrale. Elle est d’ailleurs la plus visitée de la ville, preuve que ce quartier est plus touristique que le centre lui-même.

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Mur John Lennon

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Eglise Saint-Nicolas

Et enfin, le château

On peut le voir de chaque quartier de la ville. A l’image de la Tour Eiffel à Paris, le Château est le symbole de Prague, et même du pays. Situé sur la colline du dernier vieux quartier Hradčany, il impressionne par sa taille et sa prestance. Il est d’ailleurs le plus gros château ancien du monde, selon le Guinness Book.

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Le château dans les lueurs de l’aube

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De nuit, le château et le pont Charles éclairés, depuis la rive

La construction du château débute en 885 par l’église Notre-Dame. La basilique Saint-Georges est ajoutée 40 ans plus tard. Entre 1344 et 1929, la cathédrale Saint-Guy est progressivement bâtie. Durant tout ce temps, une multitude de bâtiments sont ajoutés, le château étant en fait une ville fortifiée au sein de la ville. En plus des constructions, des jardins sont peu à peu dessinés autour du château. Au XVIIIème siècle, il prend son aspect actuel avec la construction des fortifications abritant le palais et délimitant trois cours. 

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La cathédrale Saint-Guy et les fortifications

Enfin, le château abrite aussi la célébrissime Ruelle d’Or. Avec ses petites maisons ayant appartenu à des artisans, cette rue fait état d’un charme particulier. Même si elles ont été transformées en commerces, ou en maisons souvenirs, les échoppes sont restées inchangées. Ainsi, les façades ont été soigneusement conservées.

Dernière anecdote : Kafka y a vécu, et il est possible que cela ait inspiré son roman.

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Ruelle d’or

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Vue de Paris depuis le retour en avion

Lucile Carré

En mémoire sur l’européanisation de l’univers carcéral, j’aime écrire sur tout ce qui a priori n’intéresse personne (genre les prisons, et la santé). J’aime beaucoup la polémique, mais je sais aussi être sérieuse. Quand je veux. Intéressée par beaucoup, beaucoup trop de choses, je ne dors pas, ce qui me permet de chiner plein de trucs cools sur le web, à l’extérieur, ou encore dans les arts. En bref, je ne m’interdis aucun domaine.

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