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Finales de Roland-Garros : entre révélation et évidence

L’édition 2017 de Roland-Garros s’est achevée ce dimanche avec le sacre de Rafael Nadal. Samedi c’est Jelena Ostapenko qui s’est offert le titre chez les femmes. L’occasion pour Divague de tirer les conclusions de ce tournoi qui a vu triompher une novice en la matière et un habitué des lieux.

Rafael Nadal et les dix mousquetaires

En 2005, un jeune Espagnol de 19 ans, habillé d’un débardeur vert et d’un pantacourt blanc, soulevait pour la première fois de sa juvénile carrière, le trophée de Roland-Garros, la coupe des Mousquetaires. Le début d’une domination sans conteste sur la terre battue des Internationaux de France pour Rafael Nadal. Au fil des éditions, le fabuleux gaucher a installé sa dynastie sur les courts parisiens, en écrasant littéralement la concurrence. Roger Federer, Novak Djokovic ou encore David Ferrer. Personne ne pouvait résister à la furia Nadal. Personne sauf un ! En 2009, Robin Söderling crée la sensation de l’année. Le quadruple vainqueur de Roland-Garros est à terre, achevé par le puissant Suédois. Un simple accident de parcours pour celui qui, en 2012, effacera le record de Björn Borg des tablettes. Le Majorquin bat alors le record de victoires sur le tournoi, avec son septième sacre. Une marque portée par la suite à neuf avant cette finale (2005, 2006, 2007, 2008, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014).

En 2005, le tout jeune Nadal s’impose pour la première fois à Roland-Garros.

Après deux éditions 2015 et 2016 marquées par les blessures et un niveau de jeu fluctuant, El Matador est revenu au top de sa forme au point de débarquer Porte d’Auteuil en tant qu’immense favori. Preuve en est, Nadal a enfilé les victoires comme des perles sur terre battue en 2017. 17 victoires, pour une seule petite défaite. Un bilan ultra-positif qui s’est confirmé sur les courts de Roland-Garros. Rafa a multiplié les expéditions en règle, n’a concédé aucun set et certains inscrivaient déjà, avant même la finale jouée, son nom au palmarès 2017.

La finale, parlons-en. Opposé à Stanislas Wawrinka, l’Espagnol débute timidement. “J’étais assez nerveux au début. J’ai joué quelques mauvais jeux” confie-t-il après la rencontre. À 2-2, le Majorquin décide d’accélérer et met en pièce le pauvre Suisse, impuissant sous les coups de butoir de son adversaire. L’Espagnol supprime les fautes directes de son tennis et empile sept jeux consécutifs pour faire cavalier seul (6-2, 3-0). Face à un Wawrinka éreinté par sa demi-finale à rallonge et pris à la gorge, Nadal ne relâche jamais son intensité et son emprise sur la rencontre et son adversaire. En témoigne ce point venu d’ailleurs, symbole d’un Nadal accrocheur et conquérant :

La suite de la finale est une promenade de santé pour Nadal, qui file droit vers la Decima tant attendue. Trois ans de disette, ça commençait à faire long pour le roi Nadal. Sur une faute de revers de Wawrinka, Rafael Nadal entre au 10ème ciel, allongé sur le sol ocre du court Philippe Chatrier (6-2, 6-3, 6-1). L’image est sublime, mémorable, légendaire. Il devient le premier homme à remporter pour la dixième fois le même tournoi du Grand Chelem. Le tout avec un niveau de jeu remarquable. Il n’aura laissé que des miettes à ses adversaires. Seulement 35 jeux encaissés, aucune manche concédée.

Avec cette nouvelle victoire parisienne, il porte par la même occasion son total de victoires en Grand Chelem à quinze. Ce qui fait de lui désormais l’unique dauphin de Roger Federer (18), laissant Pete Sampras sur la troisième marche du podium avec quatorze titres.

Après deux semaines de compétition, Rafa continue d’écrire sa légendaire histoire avec Roland-Garros. “Dix, c’est un numéro magique !” s’est exclamé Toni Nadal, oncle et entraîneur de toujours du champion, qui cessera de suivre son neveu sur le circuit à la fin de cette saison. Pour Rafa, les regards sont d’ores et déjà tournés vers Wimbledon, où il pourrait retrouver l’autre homme de cette saison 2017, Roger Federer. Les deux champions ne s’y sont plus affrontés depuis la mythique finale de 2008 ! 

Jelena Ostapenko, Majeur à vingt ans

Retenez bien son nom. Jelena Ostapenko. Bien inspiré est celui qui aurait misé sur une victoire de la joueuse lettonne au coup d’envoi de la compétition. À tout juste 20 ans, elle remporte le premier titre (du Grand Chelem) de sa carrière. Jamais une joueuse aussi loin au classement WTA n’avait triomphé Porte d’Auteuil. 47ème il y a deux semaines, la Lettonne occupera dès ce lundi la 13ème place dans la hiérarchie mondiale. Un classement qui reflète déjà un peu plus le niveau de jeu qu’elle a affichée durant l’ensemble de la quinzaine.

À 20 ans et des poussières , Jelena Ostapenko inscrit sa première Coupe Suzanne Lenglen à son palmarès. (POOL/FFT/CORINNE DUBREUIL)

Simona Halep aura donc été la dernière joueuse éparpillée par la tornade Ostapenko. Et pourtant la Roumaine a fait la course en tête lors de cette finale, sa deuxième à Roland-Garros. Elle a remporté le premier acte 6/4 et a même compté un break d’avance dans le deuxième set. À 3-0 elle avait même l’opportunité de porter l’estocade à son adversaire, mais Halep ne réussira pas ce double-break. Sa chance est passée. Jelena Ostapenko, qui a dicté le jeu (54 coups gagnants et 54 fautes directes !), refait son retard avant d’empocher quelques minutes plus tard la deuxième manche (6/4). Simona Halep prendra à nouveau un break d’avance dans l’ultime set, mais cette finale n’était décidément pas pour elle. Son adversaire effacera à nouveau ce retard avant de s’emparer à deux reprises encore le service d’Halep. Sur un énième coup gagnant, Jelena Ostapenko pouvait laisser éclater sa joie… assez mesurée. Pas d’effondrement sur la terre battue parisienne, ni de folles courses dans tous les sens pour fêter cette victoire. Non, juste une joie sincère et mesurée. Quelques applaudissements pour remercier le public du court Philippe Chatrier avant d’attendre son trophée.

Et la prodige de Riga en veut déjà plus. À peine couronnée reine de l’ocre parisien, elle se projette déjà sur le prochain grand rendez-vous : Wimbledon. Et autant vous dire que la jeune femme est ambitieuse : « Je pense que je peux gagner aussi Wimbledon. » Rien que ça. Comment lui en vouloir après la partition majestueuse qu’elle a récitée à grands coups de raquette pendant deux semaines ? Son jeu ultra-offensif (299 coups gagnants sur l’ensemble du tournoi parisien) correspond bien évidemment plus à une surface rapide comme le gazon, qu’à la terre battue. Pour rappel elle a remporté le tournoi anglais chez les juniors en 2014. On a déjà hâte de la voir à l’oeuvre sur les courts londoniens, qui seront orphelins cette année de Serena Williams et de Maria Sharapova. Rendez-vous donc au All England Club le 2 juillet prochain.

Laurent YUS

Théo DORANGEON

Théo Dorangeon

Etudiant en journalisme à l'Académie ESJ Lille mais aussi à STAPS. Originaire de la bonne vieille Meuse profonde, j'ai été adopté par les terres lilloises. Je suis passionné de sport, notamment de basketball (vive la baballe orange) et de surf (ouuuuh y a du swell !). Et faites attention la vague est partout et ne prévient pas...

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