Portraits

Fiona Walden : une artiste entre électro et western

On la compare souvent à la nouvelle Patti Smith ou à une Joan Baez renaissante. Mais la jeune marseillaise de 27 ans balise elle-même son terrain de jeu, avec ses propres règles. Divague vous fait découvrir l’un de ses derniers coups de cœur, western et électro à souhait : Fiona Walden.

Je t’ai dans la peau, baby

C’est indéniablement à une Calamity Jane moderne que l’on a affaire. Elle aborde la musique comme on attrape le taureau par les cornes, à mains nues. Fiona Walden est un pur produit de ces fans de westerns spaghettis, d’envies de grands horizons et de jeunesse encore rêveuse et pleine d’ambition. Avec son look tout de jean et de cuir fait et son large chapeau en feutre, l’artiste se fait connaître du public avec les Francophonies, où elle est reconduite deux années de suite.

Et pourtant, même en venant d’une famille de musiciens, Fiona Walden a créé son monde, où cohabitent chevaux sauvages et rave parties, seule, en autodidacte. Après avoir appris à dompter le piano à six ans, elle tombe sur son instrument de prédilection à quatorze ans : la guitare sèche. Son esprit divague alors sur les sols poudreux des grands espaces américains. Elle commence à composer des mélodies, et commence à produire sa propre musique.

Fiona Walden a eu une première facette musicale où elle a essayé de s’intégrer à des groupes de musique déjà existants pour enregistrer quelques titres. Mais la mayonnaise ne prend pas. La jeune artiste est alors piquée par la maladie de la scène : elle commence à se produire en solo dans des petits bars parisiens, et n’imagine plus rien sans la scène.

Double personnalité, double succès

Et c’est justement en chantant un soir sur une petite scène parisienne que Fiona Walden va faire la rencontre qui va changer sa vie. Alors qu’elle se dit elle-même « complètement paumée » en ce qui concerne sa vie et la musique, elle rencontre Saad Tabainet, guitariste, producteur et compositeur. C’est le coup de foudre artistique et musical entre les deux personnages. Ils commencent à travailler ensemble en août 2012.

Fiona Walden et Saad Tabainet : deux personnes, une seule musique

Quand les deux artistes se sont trouvés, c’est comme si un corps avait retrouvé son âme, et inversement : ils se complètent totalement. Lorsque Fiona Walden produit un son, Saad Tabainet produit des images avec des clips à couper le souffle. Le duo est très vite fructueux et un EP sort en mars 2015, aux allures héroïques et électro, pile ce qui correspond à la jeune femme.

Tout a changé chez Fiona Walden depuis que ce duo s’est créé : du français, l’artiste passe à l’anglais, dans lequel elle se retrouve beaucoup plus, du fait de ses origines anglo-saxonnes. Toutes ses chansons sont différentes, de « Don’t ride » grand mix électro à « Cold Heart » beaucoup plus « roots » et grand Ouest américain.

Coucher de soleil sur les grandes plaines

Cette image est ce qu’on s’imagine lorsque l’on tombe sur un titre de Fiona Walden. Et ce n’est pas seulement la guitare sèche et Saad Tabainet qui y font. Sa voix très spéciale, profonde et intense y fait beaucoup. Le plus impressionnant reste la mélodie et la tendresse dans cette voix si impressionnante qui vous remue le cœur et les boyaux. Fiona Walden a conscience de cette voix atypique qu’elle cultive avec mystère et plaisir en jouant sur les notes graves et aiguës.

Mi-féminin, mi-masculin, Fiona Walden cultive sa musique en s’inspirant de plusieurs grandes figures de la musique western et électro : Ennio Morricone, Janis Joplin, Brian Eno, John Coltrane. Et si ses titres sont si matériels, si palpables, c’est sans doute parce que la jeune femme s’inspire aussi de quelques auteurs (Aldous Huxley, Arthur Rimbaud, Georges Orwell) et de réalisateurs (Sergio Leone, Gus Vincent, Michel Gondry).

La jeune artiste en plein concert

Et malgré tout ce qu’on pourrait croire sur la musique, pour Fiona Walden, les mots ont autant de légitimité que la mélodie et le son dans ses créations. C’est ce qui donne à sa musique toute sa plasticité, toute sa matérialité, tout son poids.

Manon Capelle

Véritable cœur d'artichaut qu'un caillou qui a l'air triste ferait pleurer, je suis aussi le genre de fille qui aime rêvasser la tête à l'envers sur le canapé et acheter des tasses à thé de toutes les couleurs parce que c'est joli. Je suis passionnée par l'histoire sous toutes ses formes, par les saveurs du thé, j'aime les anecdotes rigolotes qui ne servent à rien, les voyages où l'on ne fait que contempler ce qui nous passe sous le nez, et les boucles d'oreilles (ma petite addiction personnelle). Plus sérieusement, je suis étudiante en lettres modernes et en journalisme à l'Académie de l'ESJ, et je suis bien déterminée à prouver à la face du monde que l'info, c'est aussi de la légèreté.

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