Actualité Éclairage

G20 plus que mouvementé à Hambourg

Les vendredi 7 et samedi 8 juillet derniers, se tenait à Hambourg (Allemagne) la réunion des 20 pays considérés comme les plus puissants de la planète. Une organisation à 300 millions d’euros, qui est loin d’avoir tenu toutes ses promesses.

Guérilla à Schanze
©Rémi Carlier

Que retenir de ce sommet ?

Plusieurs éléments ont marqué ce G20. D’abord, en terme de climat, les 19 pays ont dû reconnaître le retrait des Etats-Unis de l’Accord de Paris, présenté en décembre 2015 et ratifié le 4 novembre 2016. C’est donc un échec pour tous les chefs d’Etats, dont Emmanuel Macron, qui ambitionnaient de convaincre Donald Trump de revenir sur sa décision. Ce n’est pas la seule mesure marquante concernant les Etats-Unis.

Manifestation « Lieber tanz’ ich als G20 ». « Je préfère danser que d’avoir le G20 »
©Rémi Carlier

Une condamnation du protectionnisme en demi-teinte

Chaque année, le groupe des 20 s’engage à combattre le protectionnisme, afin d’encourager le développement du marché mondial. Mais cette fois-ci, les dirigeants reconnaissent le droit, pour les pays victimes de dumping, de recourir à des « instruments légitimes de défense commerciale ». Les Etats-Unis, qui décidément passent pour une nation isolée, prônent ouvertement le retour au protectionnisme avec le fameux slogan « America First ». C’est donc une seconde petite victoire pour Donald Trump.

« Lieber tanz’ ich als G20 »
« Je préfère danser que d’avoir le G20 »
©Rémi Carlier

Trump et Poutine, Ivanka Trump et Jim Yong Kim

Autant de rencontres diplomatiques lors de ce G20. Les deux grands rivaux russe et américain se sont rencontrés pour la première fois. Une entrevue plus que tendue sous fond de révélations de l’ingérence russe dans la campagne électorale américaine. Néanmoins, d’après le Kremlin, des bases sont jetées pour forger de nouvelles relations.

Autre rencontre, cette fois-ci un peu plus improbable, celle d’Ivanka Trump, la fille du POTUS, et le président de la banque mondiale Jim Yong Kim, pour le lancement d’un fond consacré à la promotion de l’entreprenariat féminin.

Techno Parade
©Rémi Carlier

Chaos à Hambourg

Durant ces deux jours, les habitants de la ville allemande ont assisté à des scènes jamais vues. Voitures calcinées, barricades, pavés utilisés en guise de projectiles… La ville était plongée dans un chaos total. Si quelque 50 000 personnes ont manifesté dans les rues pour protester contre ce sommet du G20, soit moins que ce qu’avaient prévu les autorités, des casseurs et militants du Black Bloc (forme d’action collective sans revendication politique précise, ni organigramme) se sont immiscés pour mieux faire entendre leur mécontentement. Dans le quartier du Schanzenviertel, à quelques pas du palais des Congrès, des habitants nettoient les rues, balais en main. Le supermarché Rewe du quartier a été vandalisé et pillé.

Manifestation « Welcome to hell »
©Rémi Carlier

Manifestation « Welcome to hell »
©Rémi Carlier

Merkel au centre des critiques

Si la chancelière allemande a été saluée par tous les chefs d’Etats du G20, elle est critiquée par les habitants de Hambourg pour sa mauvaise gestion de l’événement. Les services d’ordre ont été mobilisés exclusivement pour l’organisation du sommet. La ville n’était donc pas sécurisée à l’échelle des riverains. Certains risquent, suite aux dégâts des émeutes, de se retrouver au chômage. Le climat reste donc toujours tendu.

Guérilla à Schanze
©Rémi Carlier

Un coup dur pour Angela Merkel, native de Hambourg, qui souffrait déjà quelque peu de sa politique migratoire décriée. Des décisions qui pourraient peut-être provoquer la chute de la femme aux trois mandats, lors des élections fédérales du 24 septembre prochain.

Techno Parade
©Rémi Carlier

Anna Kurth

About

Etudiante à l’ESJ Lille et en lettres modernes. En vrai, je suis une trapéziste ratée. Mais j’ai trouvé une autre vocation : devenir journaliste. Passionnée par la photo argentique, joueuse de piano depuis belle lurette, danseuse sans style précis depuis quatorze ans. Fan des expressions et dictons. Et sinon j’aime l’allemand, je mesure 1m54 et ne sors jamais sans rouge à lèvres. Voilà, vous savez (presque) tout.

0 Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Scroll Up