Arts Expositions

Irving Penn ou Vogue dans toute sa splendeur

Divague vous emmène au Grand Palais à l’occasion du centenaire de la naissance du photographe Irving Penn.

Une rétrospective précise et complète

Lorsque nous pénétrons dans l’exposition, nous découvrons les premiers travaux d’Irving Penn. Nous sommes plongés dans l’Amérique des années 1930-1940. Les devantures de magasins peintes à la main résonnent avec les natures mortes que le magazine Vogue a commandé au photographe. De New York à Philadelphie, Irving Penn traduit en image la Grande Dépression économique qui frappe le continent. Mais l’exposition ne s’arrête pas à ces premiers travaux. A travers onze salles, le Grand Palais retrace les temps forts de la carrière du photographe.

After-Dinner Games, New York, 1947, The Metropolitan Museum of Art, New York, Promised Gift of The Irving Penn Foundation © Condé Nast

Près de 235 tirages réalisés par l’artiste lui-même sont exposés. On peut admirer la diversité des clichés. Du portrait d’une famille péruvienne à la mise en scène de mégots de cigarettes consumés, tout est mis en place pour découvrir pleinement son travail.

Cigarette No. 125
New York 1972

Nous retenons essentiellement ses portraits. Penn entretient un lien particulier avec ce type de photographie. Il est connu pour son approche psychologique et dérangeante du portrait. Il en vient à malmener ses modèles afin de briser leur carapace. L’artiste n’hésite pas à casser les codes en utilisant un décor austère, brut et agressif. Certains visages nous sont familiers, tel que celui de Dalì, de Picasso, d’Audrey Hepburn ou encore de Marlène Dietrich.

« Salvador Dali », New York, 1947 – épreuve gélatino-argentique, 23,8 x 19,7 cm – The Metropolitan Museum of Art, New York

Irving Penn : de la commande à l’oeuvre d’art

Photographe américain né en 1917 et mort en 2009, Irving Penn a su marquer son époque par bien des aspects. Il a réalisé pas moins de 165 couvertures du magazine Vogue. Connu essentiellement pour ses portraits de mode, il a le sens de l’esthétique, de la mise en scène et de la composition. Il s’intéresse particulièrement aux mouvements des vêtements. Toujours accompagné de son appareil Rolleiflex et d’un studio photo à lumière naturelle, Penn se balade de cultures en cultures à la recherche d’une personnalité, d’un regard ou d’un geste. Il travaille la lumière ainsi que les volumes et obtient des clichés singuliers, parfois proches de la peinture.

Penn est tributaire des commandes du magazine Vogue. Mais il ne se cantonne pas aux mannequins et à l’univers de la mode. Sa série des Petits Métiers contraste avec les photos pour Dior ou Balenciaga.  Il photographie les gens de tous les jours, « au hasard ». En emmenant un garçon de café, un facteur, ou encore un marchand de concombres dans un studio, il les arrache à leur métier, à leur cadre de travail. Ces personnages peu remarqués deviennent singuliers et touchants. Ils sont comme ambassadeurs de leur profession restée dans l’ombre. Penn dit :

« Le photographe moderne retrouve une part de lui-même dans chaque chose et une part de chaque chose en lui-même. »

Steel Mill Firefighter, New York, 1951

Nus féminins et sensualité des courbes

La salle qui nous a le plus frappé est sans doute celle des nus féminins. Ils sont incroyables par bien des aspects. Penn dit vouloir photographier « des femmes réelles dans des situations réelles ». Malgré le studio, l’artiste montre le corps tel qu’il est. Loin des modèles de magazines et des diktats de la mode, il n’a pas peur de photographier des ventres mous, des seins qui tombent ou des cuisses bien dodues. Il crée une sensualité avec des courbes habituellement cachées. Grâce à des plans très rapprochés, il s’éloigne des « filles maigres d’allure famélique » qu’il a pu côtoyer plus tôt dans sa vie.

Nude No. 105
New York 1949-1950

En somme, il est bon de (re)découvrir Irving Penn à travers cette exposition complète et détaillée.

Irving Penn, le Centenaire.
Au Grand Palais jusqu’au 29 Janvier 2018.

Anna Kurth

About

Etudiante en photographie, j’aime faire des photos floues et sans intérêt. Sinon j’ai toujours ce petit fil rouge dans ma tête : devenir un jour journaliste. Joueuse de piano depuis belle lurette, danseuse sans style précis pendant quatorze ans. J’ai développé un amour pour les expressions et dictons. Et sinon j’aime l’allemand, je mesure 1m54 et ne sors jamais sans rouge à lèvres. Voilà, vous savez (presque) tout.

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