Arts Cinéma

JK Rowling le retour : Les Animaux fantastiques enfin en salle

Le film tant attendu du mois de novembre vient de sortir sur vos écrans. Pour ceux qui ne se sont pas rués à l’avant-première la plus proche de chez eux, Divague s’est sacrifié. Petit avant-goût (sans spoiler, promis juré) du film qui va vous donner envie de ressortir écharpes et bonnets aux couleurs des quatre maisons.

Il est enfin là, le film annoncé depuis 2013 par la romancière qui a fait naître Harry Potter et tout son monde. Mais attention, J. K. Rowling ne signe pas un huitième volet de la saga : elle en lance une nouvelle sous le nom des Animaux fantastiques, qui prend place 70 ans avant les histoires du mage noir et de la prophétie. Le film de David Yates est donc l’adaptation d’un manuel écrit par l’auteur à succès sous la plume de Norbert Dragonneau. Ce manuel ne contient que des indications sur certaines bêtes magiques et des annotations de Harry et Ron sur les animaux qu’ils ont déjà eu la chance (ou pas d’ailleurs) de rencontrer. Il ne contient donc pas en lui-même d’histoire. Pas de panique, J. K. s’est chargée du scénario.

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Synopsis

Norbert Dragonneau (Eddie Redmayne, mesdemoiselles), fraîchement débarqué d’Angleterre, découvre New-York pour une raison qui nous est longuement inconnue, mais qui nous importe peu. Ce qui nous intéresse plus, c’est sa mallette, qui bien entendu, gigote et grogne. Après une mise en place plutôt légère et drôle de la situation en réalité embarrassante, on prend conscience du problème : la valise a été ouverte par mégarde et quelques animaux se sont échappés dans New-York. Oups. Une équipe incongrue, composée de Norbert, Jacob (Dan Fogler) un moldu, Tina (Katherine Waterston) une Auror pas très douée et Queenie (Alison Sudol) sa sœur déjà plus douée, se lance donc à la poursuite de ces « animaux fantastiques » mais se retrouve bien vite ralentie par les forces officielles d’une part et par d’autres, un peu moins officielles, d’autre part.

Retrouver un univers

Rares doivent être les spectateurs des Animaux fantastiques qui n’ont ni lu, ni vu aucun Harry Potter. L’équipe du film s’est sûrement appuyée sur cette estimation, puisqu’elle a laissé pour nous quelques touches agréables, mais a aussi relevé un pari risqué : ne pas trahir l’univers construit par sept romans (plus les annexes comme Les Contes de Beedle le Barde) et huit films. Là-dessus, pas d’inquiétude, David Yates est familier de ce monde fantastique puisqu’il a réalisé les quatre derniers volets de la saga. On retrouve ainsi beaucoup d’allusions à Harry Potter, certaines appuyées comme le nom des bêtes fantastiques qu’on a déjà croisées (le Botruc est très mignon) ou le petit signe des Reliques de la Mort qui passe rapidement ; d’autres sont plus subtiles et feront plaisir aux plus attentifs d’entre vous, comme des plans qui se répètent – voler la glace d’un enfant quand on est invisible c’est facile, essuyer un petit quelque chose sur le nez de la jolie jeune femme qu’on a en face de nous c’est une technique efficace.

Hormis ces clins d’œil, il est difficile de dire qu’on ne retrouve pas ce cher univers magique puisque le contexte est sensiblement le même et que le travail de création a été respecté. Néanmoins il ne faut pas s’attendre à apercevoir Poudlard depuis les États-Unis, ou à voir un détraqueur traverser la rue. Si vous acceptez cette petite concession, le premier transplanage vous procurera un petit frisson de plaisir, et le premier (et le seul, malheureusement) duel de baguettes magiques vous fera sourire de nostalgie. Le seul bémol dans cet autre univers très ressemblant sera pour moi l‘absence de la musique si particulière qui fonctionnait pour le spectateur comme une clé du monde merveilleux.

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Un nouvel enjeu, des nouveaux personnages

L’histoire des Animaux fantastiques se résume donc à la quête des personnages principaux empêchée par d’autres personnages un peu moins principaux. Alors que J. K. Rowling nous avait habitués à une histoire savamment dosée en rebondissements, on se retrouve devant quelque chose qui paraît soudainement plus plat. C’est tout simplement que l’enjeu du film ne se trouve pas ici : la quête de Norbert ne sert que de support à une réelle recherche graphique autour des animaux. En effet, le travail effectué sur les expressions et les mouvements des bêtes est tel qu’on accorderait volontiers une âme à chacun d’entre eux : le niffleur provoque de grands éclats de rire et l’obscurus rend une très belle image noire qui fascinerait presque.

Ici s’ajoute l’éternelle question de la 3D. Ceux qui l’aiment en général seront, à mon avis, satisfaits puisqu’elle est exploitée par des plans très aériens qui donnent des frissons et accentuent le côté magique. Sinon, l’image est un peu plus sombre et la 3D n’est pas nécessaire la plupart du temps.

Les (rares) scènes de combat sont bien gérées, l’image est explosive et se regarde avec les yeux grands ouverts, le popcorn à la main. En revanche, et elles sont plus nombreuses, d’autres scènes semblent faibles à côté, voire cul-culs, notamment entre les personnages.

D’ailleurs les personnages sont à mon goût trop manichéens, en ce sens qu’ils ne sont pas assez fouillés. Là encore, ne pas s’attendre à avoir un Harry torturé ou une Hermione forte : on a été un peu déçu de Katherine Waterston qui n’est pas très crédible en Auror et qui semble n’être là que parce qu’il faut un personnage féminin. On espère qu’elle sera plus développée par la suite ! De ce côté, Percival Graves (Colin Farrell) nous réjouit par sa performance et sa prestance (et en plus il nous réserve quelques surprises). Enfin, le duo de Queenie Goldstein et Jacob Kowlaski apporte de la légèreté et fonctionne très bien. Suis-je la seule à retrouver un peu de Ron dans le personnage de Jacob ?

Film adulte ou enfant ?

Certains diront que le film est une « version adulte de Harry Potter » puisqu’il traite de sujets plus contemporains – au hasard la question des minorités et leur rejet par la société – et avec seulement une touche de magie ; d’autres rappelleront la grande métaphore, de J. K. Rowling elle-même, autour du personnage de Voldemort et ses petits problèmes avec les Sang-de-Bourbe… Au contraire, le film prend plus une allure de Disney que de Warner Bros ; en d’autres termes le côté sombre (voire très sombre) qu’ont pu avoir certains des films de la saga Harry Potter ne se retrouve que dans quelques séquences si ce n’est quelques plans.

On a passé un bon, très bon moment, mais le parallèle entre Harry Potter et les Animaux fantastiques qui peut être néfaste au film, doit être modéré. Il faut accepter ce nouveau monde, pas si éloigné du premier qui nous a tant plu et se plonger corps et âme dans cette nouvelle trilogie. Quintologie ? Ah oui, J. K. Rowling a annoncé quatre autres films, dont deux au moins seront réalisés par David Yates ! A vos bagu… à vos lunettes 3D !

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