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L’OTAN, kézako ?

Lundi 5 juin, le Monténégro est devenu le vingt-neuvième membre de l’OTAN. Quelques questions sur une organisation dont on entend beaucoup parler. 

Qu’est-ce que l’OTAN ?

L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN, en anglais NATO) est une alliance politique et militaire. L’OTAN compte vingt-neuf membres (en bleu sur la carte : vingt-six pays européens¹, les Etats-Unis et le Canada). Elle siège à Bruxelles et son secrétaire général est le Norvégien Jens Stoltenberg. Elle a été créée en 1949, au début de la Guerre froide. Le principe fondateur de l’organisation est défini par l’article 5 du Traité : une attaque contre l’un des membres est considérée comme une attaque contre tous et peut impliquer une riposte collective, par la force si nécessaire. À l’origine, le but était surtout de créer un front occidental contre le pacte de Varsovie, c’est-à-dire contre l’URSS et le bloc communiste.

Carte de l’OTAN — source : Wikimedia Commons

Mais l’OTAN ne se limite pas aux seuls pays occidentaux. Elle entretient plusieurs partenariats extérieurs : le Partenariat pour la Paix² (en orange), le Dialogue Méditerranéen³ (en rouge), l’Initiative de Coopération d’Istanbul⁴ (en violet) et les « partenaires autour du monde⁵ » (en vert).

Mais la France n’a-t-elle pas quitté l’OTAN ?

Non. La France est un membre fondateur de l’OTAN et n’a jamais quitté l’Organisation. Mais, en 1966, le général de Gaulle retire effectivement le pays du commandement intégré. Le commandement intégré, en un mot, supervise la dissuasion nucléaire et l’armée des pays membres. À l’époque, le retrait est présenté comme un moyen de recouvrer la souveraineté nationale sur les armées. François Mitterrand (1981 – 1995) et Jacques Chirac (1995 – 2007) opèrent un rapprochement avec l’Organisation. Puis, en 2009, Nicolas Sarkozy acte le retour de Paris dans le commandement intégré. Les buts : renforcer l’influence française à l’international, mais aussi accéder à des marchés liés à la Défense.

Pourquoi l’OTAN est-elle critiquée ?

L’OTAN est une cible régulière de Donald Trump. Le Président américain critique le non-respect des engagements de la plupart des membres en terme de financement. En fait, le financement de l’OTAN est plutôt complexe. Il est à la fois direct (contribution de chaque État à hauteur de ses moyens) et indirect (déploiement de forces et de moyens matériels, et consécration de 2% du PIB au budget de la Défense). C’est ce dernier point qui est critiqué par Donald Trump. Alors que les États-Unis sont les plus gros contributeurs de l’Organisation, seuls quatre Etats européens (la Grèce, le Royaume-Uni, la Pologne et l’Estonie) respectent cette règle.

La question de l’utilité de l’OTAN revient aussi régulièrement dans le débat politique. Comme l’URSS n’existe plus, quel intérêt pour une force occidentale ? Cependant, le retour de la Russie sur la scène diplomatique et la menace terroriste  justifient, pour ses défenseurs, sa survie. Et justement, l’OTAN est récemment intervenue en Ukraine et en Syrie… 

Le Monténégro intègre l’Otan
Le Monténégro a intégré l’OTAN, le 5 juin — c’est d’ailleurs la première adhésion depuis huit ans. Ce tout petit pays (à peine quatorze mille kilomètres carrés), longtemps sous influence russe, a rejoint le Partenariat pour la Paix dès son indépendance, en 2006. Malgré la présence du pro-russe Milo Djukanovic au pouvoir, Podgorica a entamé des pourparlers d’adhésion en 2015. La victoire du pro-européen Dusko Markovic en décembre 2016 finit d’achever le tournant du pays vers l’Ouest. Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’Organisation, a salué les progrès du pays en matière de démocratie, d’état de droit et de modernisation des forces armées. Avec l’adhésion monténégrine, l’OTAN est donc présent dans toute l’Europe méditerranéenne. Adhésion qui n’a pas plu à la Russie : après avoir menacé de « représailles », Moscou a décrété un embargo sur les vins monténégrins, ce qui représenterait 1,7 million d’euros.

¹  membres de l’OTAN (par ordre d’adhésion) : Belgique, Canada, Danemark, États-Unis, France, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-bas, Portugal, Royaume-Uni (1949), Grèce, Turquie (1952), Allemagne (1955), Espagne (1982), République tchèque, Hongrie, Pologne (1999), Bulgarie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Roumanie, Slovaquie, Slovénie (2004), Albanie, Croatie (2009), Monténégro (2017)

² membres du Partenariat pour la Paix : Arménie, Autriche, Azerbaïdjan, Biélorussie, Bosnie-Herzégovine, Finlande, Géorgie, Irlande, Kazakhstan, Kirghizistan, Macédoine, Malte, Moldavie, Russie, Serbie, Suède, Suisse, Tadjikistan, Turkménistan, Ukraine, Ouzbékistan

³ membres du Dialogue Méditerranéen : Maroc, Israël, Egypte, Mauritanie, Tunisie, Jordanie, Algérie

⁴ membres de l’Initiative de Coopération d’Istanbul : Bahreïn, Qatar, Koweït, Emirats Arabes Unis

⁵ partenaires à travers le monde : Afghanistan, Australie, Colombie, Irak, Japon, République de Corée, Mongolie, Nouvelle-Zélande, Pakistan

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