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Mattel, première victime du marché des enceintes connectées

Le géant du jouet Mattel a décidé d’annuler la commercialisation de son enceinte connectée Aristotle, destinée aux enfants. Ce renoncement pose la question de la proximité entre jeunes générations et technologies intelligentes à l’aube d’une nouvelle ère : celle des objets connectés.

Elle devait permettre de faciliter la vie des parents en leur envoyant à chaque cauchemar tardif des notifications sur leur smartphone. Finalement, l’innovation pensée par l’entreprise Mattel ne verra jamais le jour.

Présentée au CES de Las Vegas en janvier dernier, l’enceinte connectée Aristotle fonctionnait grâce au modèle « Alexa » d’Amazon et était dotée d’une caméra et d’un micro. L’objectif ? Aider l’enfant à maîtriser ses pleurs avec des musiques douces et des luminaires pastels, voire même l’aider à faire ses devoirs. Cependant, quelques mois plus tard, une pétition récoltant plus de 15 000 signatures, plusieurs plaintes d’associations et de parlementaires américains ont contraint la marque à renoncer au projet.

La chasse aux données

Après la Barbie Stasi connectée ou encore l’ourson Fisher-Price mal sécurisé, Mattel est également pointé du doigt pour son rôle dans l’utilisation des données récoltées.

L’enjeu pour les publicitaires est énorme d’autant plus que le marché des enceintes connectées en est à ses balbutiements. Ce dernier pourrait leur permettre d’engager une démarche plus personnelle donc davantage performative, surtout si le client visé est un enfant. « La collecte des données devient la finalité en soi. On stock à tout-va et l’objectif autre que d’envoyer de la publicité n’est pas évident. » précise aux Echos Daniel Kaylan, co-fondateur de MyData.org.

L’intelligence artificielle prendra de plus en plus de place dans nos vies, qu’on le veuille ou non. C’est dans ce sens qu’un nouveau règlement européen entrera en vigueur l’année prochaine et obligera tous les services connectés à mettre à disposition du particulier ses données personnelles s’il le souhaite. 

Menaces sur le développement de l’enfant ?

Outre la protection des données, c’est avant tout « l’idée qu’une technologie devienne le membre du ménage le plus réactif lorsqu’un enfant pleure, veut apprendre ou jouer qui m’inquiète ». Ses mots sont ceux de la pédiatre américaine Jennifer Radesky qui, comme beaucoup d’autres spécialistes, s’interroge sur l’influence des nouvelles technologies.

Aux Etats-Unis, où la « culture » de l’assistant vocal est plus développée qu’en France, certains bambins se sont déjà liés d’affection à Siri ou Google Home. D’autant plus que ces robots assistants n’incitent pas vraiment aux bonnes conduites en n’apprenant pas aux enfants à dire « s’il te plaît » ou « merci ».

Alors, comment les parents peuvent-ils trouver leur place dans ces nouvelles relations humain-machine ? Quel rôle doit avoir l’intelligence artificielle dans l’éducation de l’enfant ? Beaucoup de questions pour encore trop peu de réponses. Mais pas de panique, d’ici 2020, près de 26 milliards d’objets connectés auront pris leur place dans notre quotidien selon le cabinet économique Garner.

Crédits photo : Yoshina (Flickr) ; Kesava Mandiga (Flickr)

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