Musique

Mire : musique “profonde tout en étant aérienne”

Derrière Mire se cache Rémi. Aussi à l’aise quand il s’agit de cinéma que de musique, de caméras que de logiciels électroniques, Rémi a sorti il y a quelques jours son premier EP intitulé A Meaning of love. Curieux, Divague l’a interviewé, il vous en parle.

 

Mire, c’est un projet mis sur pied au cours de ces deux dernières années, comment se sont organisés ces deux ans ?
De base, je forme un groupe nommé TheWarmUp avec un de mes meilleurs amis Max Bxam. On a commencé ça au lycée et on continue encore aujourd’hui à travailler sur ce projet. Un jour, j’ai voulu expérimenter mon propre style de musique, du coup j’ai commencé à créer mes propres prods en solo.

J’ai commencé dans le beatmaking comme je fréquente très souvent mes potes rappeurs Lord Esperanza (pour qui je réalise des clips), Yung Sid, Cashmire. Un soir, j’ai lancé la composition d’une prod et j’ai travaillé toute la nuit. En écoutant ça avant d’aller me coucher, j’étais très incertain du résultat. C’était très différent de tout ce que j’avais fait ; d’un côté j’adorais et de l’autre je ne savais pas quoi en penser. J’ai continué sur cette voie, j’ai fini le morceau en décembre 2015, c’était ce qui allait devenir deux ans plus tard la track de l’EP Bind. Puis j’ai continué à réaliser des clips, à travailler sur des court-métrages, créer des prods, et à chaque fois que je ressentais à nouveau ce sentiment d’incertitude devant un morceau, c’est devenu une track de l’EP.

Mon rythme de travail sur l’EP était carrément aléatoire au début, ça venait vraiment au feeling lors de la création. Puis quand j’ai commencé à visualiser le tout comme un ensemble cohérent, j’ai décidé de m’y atteler beaucoup plus sérieusement (c’est-à-dire les 6 derniers mois), du peaufinage de chaque morceau jusqu’au mixage et mastering ; moi-même dans mon home studio.

Rémi alias Mire par Sofía Barandiaran

Tu t’orientais vers le cinéma au lycée, tu as ensuite réalisé des clips pour Lord Esperanza notamment, qu’est-ce qui t’a fait pencher vers la composition de morceaux de musique ?
En fait, j’ai toujours adoré pratiquer la musique presque autant que le cinéma. J’ai commencé le conservatoire étant jeune où j’y ai joué du hautbois pendant plusieurs années, j’ai ensuite voulu apprendre le saxo, ma sœur m’a initié au piano puis j’ai tenté la batterie.
J’ai voulu me lancer dans la musique électronique en 2012 afin de pouvoir faire les propres bandes sons de mes court-métrages ou de mes futures réalisations et c’est là que j’ai découvert le potentiel de la création électronique.

Comment qualifierais-tu ta musique ? Entre techno et electro ou plus l’un que  l’autre ?
Alors je dirais plutôt ni l’un ni l’autre. En tout cas, si électro symbolise musique électronique au sens large du terme, c’est sûr que ma musique en fait partie. Je qualifierais ma musique tout d’abord de profonde tout en étant aérienne. Comme si vous écoutiez quelque chose avec les oreilles sous l’eau. Vous entendez la profondeur du son et pourtant vous vous laissez flotter.

Quelles sont tes sources d’inspiration ? Tentes-tu de piocher dans des genres musicaux plus éloignés des éléments que tu juges intéressants ?
Je dirais que dans l’ambiance des sons que j’ai pu produire jusque-là, ma plus grande inspiration est M83 à travers ses morceaux extrêmement aériens qui ont un potentiel émotionnel gigantesque. Je me suis inspiré d’artistes comme Kavinsky, Carpenter Brut ou encore Gesaffelstein pour le titre Bury, quant au titre Slash il y a des consonances Future Bass clairement inspirées de Flume.

Le titre Envy a été réalisé avec Kavi, comment s’est déroulée la collaboration avec   lui ?
Kavi, de son vrai nom Virgile, est un très bon ami avec qui je partage un réel intérêt pour la musique électronique rétro, et grâce à qui j’ai découvert quelques pépites musicales dans le domaine! Kavi ne faisant pas de musique au départ, je lui ai proposé de m’accompagner dans la création d’un morceau et ainsi d’avoir des inspirations extérieures au domaine technique musical. Nous sommes restés dans mon home studio pendant un jour et une nuit, pendant lesquels je proposais des mélodies, il me proposait des sonorités à utiliser et c’est ainsi que le morceau Envy est né.

Pour écouter Envy et les autres titres de A Meaning of love :

Dans une publication sur Facebook, tu as présenté ta tracklist ainsi : « Une définition de l’amour : 01 : Envy (Envier, désirer) / 02 : Bind (Se lier, s’attacher) / 03 : Slash (Couper) /04 : Bury (Enterrer) / 05 : Regret (Regretter) » ; ton EP apparaît donc comme une unité, un tout autour du thème de l’amour. Est-ce que te fixer ainsi un thème, à la fois vaste et précis, te permet de développer ton champ d’imagination et de création ou cela te permet de te fixer un cadre pour éviter de te disperser?
Pour le coup, je dirais que l’EP n’a pas été créé autour d’une thématique particulière puisque je suis venu à trouver le nom des tracks et le nom de l’EP après la création de 4 d’entre elles. Il y avait parfois des mois d’écart entre la genèse de deux sons et c’est en remarquant que tous les sons partageaient un univers commun que j’ai décidé d’en faire un EP.

Si tu es amené à sortir d’autres EP, fonctionneras-tu aussi de cette manière en conditionnant tes compositions à un univers choisi ?
Il m’est aussi arrivé de travailler de cette manière sur d’autres projets. Souvent une idée en amenant une autre, un titre ou un thème peut très bien aiguiller dans le bon sens et amener à la création d’un projet cohérent. Donc oui, je me vois sans souci aborder de prochains projets de cette manière !

Le clip de Bury — possible de le voir sur ta page Facebook — est saisissant par la finesse des images viriles et puissantes marquées par de gros cylindres, par le montage et par cet effet miroir séduisant, mais on est aussi impressionné par l’alliance parfaite entre la musique et les images. Au fil de la composition du morceau, avais-tu déjà en tête, même floue, l’apparence que prendrait le clip ? Ou vois-tu le clip comme un accessoire de la musique qui se fait totalement indépendamment de la composition musicale ?
Ce qu’il faut savoir c’est que le clip actuel de Bury n’est pas vraiment un clip. Je le considère plus comme un simple visuel. J’ai déjà un clip en tête que j’adorerais réaliser pour Bury mais j’attends de rassembler les fonds nécessaires puisqu’il s’agit d’un gros projet. L’histoire du clip que je compte réaliser m’est venue alors que je n’avais pas encore fini le morceau. Je l’ai donc composé avec des images assez précises en tête ! Quant au visuel actuel, j’ai essayé de reproduire l’ambiance du clip que j’aimerais réaliser grâce à des images de films que je trouve assez proches de la vision que j’ai du projet. C’est pourquoi le visuel colle selon moi vraiment beaucoup à la track.

Tu as donc baigné dans le cinéma avant de te consacrer entièrement à la musique, as-tu retrouvé dans la composition musicale des éléments, un état d’esprit que tu avais déjà connu dans la réalisation de court-métrages ?
C’est carrément plus facile de composer! C’est beaucoup moins chronophage mais finalement je ne peux dissocier les deux domaines. Quand je compose, je vois des images dans ma tête et quand j’essaie d’écrire un projet audiovisuel, j’ai de la musique dans les oreilles !

Ton EP est présent sur iTunes, Deezer, Spotify ou encore Google play, ton arrivée sur ces géants de la musique en ligne a-t-elle été facile ?
Ce n’est pas si compliqué qu’il n’y paraît ! Grâce à des contacts dans le milieu du rap, j’ai entendu parler de plates-formes de distribution en ligne ! Étant entièrement indépendant, c’est par là que je suis passé.
Sinon, je viens récemment de rencontrer les talentueux éditeurs de Piment Music avec qui je vais incessamment sous peu collaborer ! Je ne vous en dis pas plus…

Que peut-tu nous dire de l’avenir de Mire ? Un cd physique serait-il en préparation ?Pour le moment je n’ai pas de deadline ni de projets très précis en tête. Il y a quelques collaborations que j’adorerais mettre sur pied dans un avenir proche. Peut-être la bande son de mon prochain court-métrage (que je charbonne en ce moment), sûrement très axée années 80, et le reste… Je n’en sais pas plus que quiconque ! (rire)

Pour ce qui est d’une édition physique, j’attends de voir ce que va donner l’EP en termes de streaming ! Si je vois que la demande est de plus en plus élevée, j’essaierai d’y remédier.

 

Pour retrouver A Meaning of love sur Deezer, Apple music, iTunes, Amazon ou encore Google play, viens par là : https://fanlink.to/AMOL

Photo de Sofía Barandiaran

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