Atelier Calendrier de l'Avent 2016

Noël J-14 : Les Huit Salopards, bang bang they shot them down

Pour son calendrier de l’Avent, Divague et sa machine à remonter dans le temps vous font découvrir ou redécouvrir quelques pépites de 2016. Aujourd’hui, immersion avec Quentin Tarantino dans un univers où l’on passe en un rien de temps de très très froid à très très chaud. Vous êtes prêt ?

Nous sommes donc le 6 janvier 2016 et c’est la sortie officielle en France du dernier film de Quentin Tarantino : Les Huit Salopards. Pour ce western, Tarantino se fait un petit plaisir : filmer en 70mm, chose qui n’avait pas été faite depuis 1966. Pari réussi, images à couper le souffle et frissons garantis. Du côté de la bande son, Tarantino a fait appel à Ennio Morricone, compositeur par excellence de musique de western. Le film a par ailleurs remporté le Golden Globes et l’Oscar de la meilleure musique de film.

Nous sommes quelques années après la guerre de Sécession. Dans le Wyoming, une diligence lancée à toute allure se rend dans la petite ville de Red Rock avec à son bord John Ruth le Bourreau (Kurt Russell) et sa victime, la Prisionnière Daisy Domergue (Jennifer Jason Leigh). Au cours du long voyage (trop long peut-être ?) à travers de magnifiques paysages enneigés, le couple rencontre le Marquis Warren – chasseur de primes – interprété par Samuel L. Jackson, puis le Shérif de Red Rock en personne, Chris Mannix (Walton Goggins). Face à une météo capricieuse, la petite famille se voit obligée de s’arrêter et de crécher dans une mercerie. Quatre nouveaux salopards font alors leur apparition : Bob le Mexicain (Demián Bichir), Joe Gage le Cowboy (Michael Madsen), le Court-sur-pattes Oswaldo Mogray (Tim Roth) et le Confédéré Sandy Smithers (Bruce Dern).

introduction-les-huit-salopards

Nous voilà alors plongés dans un huis-clos totalement dingue, la tension monte crescendo, chacun est sur ses gardes, tout le monde se toise du regard, les plus courageux se confient entre mensonges et… mensonges. Qui croire ? Tel est le noeud des multiples intrigues et des différents liens sous-jacents entre certains personnages. La vérité éclatera entre poudre et giclées de sang.

Le film repose donc essentiellement sur les épaules de huit acteurs. Fétiches des films de Tarantino ou petits nouveaux, tous sont brillants et étonnants mais on retiendra particulièrement Samuel L. Jackson qui encore une fois est bluffant, tant par l’humour qu’il sait toujours aussi bien distiller à travers ses paroles et son jeu que par le trouble qu’il parvient à intégrer dans une ambiance déjà angoissante. Jennifer Jason Leigh est épatante non seulement par sa noirceur et son sang-froid mais aussi par son insolence et sa sensibilité.

583899

Jennifer Jason Leigh dans le rôle de Daisy Domergue.

Son bourreau, interprété à merveille par le bourru Kurt Russell, est loin d’être tendre avec elle, à l’instar de cette scène devenue mythique dans la diligence où il lui assène sans crier gare un méchant coup de coude dans le nez. Nous ne pouvons le nier, nous avons tous grimacé de douleur à ce moment-là du film. Et bien d’autres suivront. Tim Roth a su pour ce film enfiler le costume de calculateur dérangeant à l’oeil vif et l’humour pinçant, qui brouille les pistes quand celles-ci sont déjà dans une phase de trouble avancé.

Comme à son habitude, Tarantino séduit par la violence qu’il filme avec toujours autant de beauté et d’esthétisme. Trop sanglant pour certains, une violence déjà vue et revue pour d’autres ; Tarantino s’emploie à ne pas énerver dès le début ses accros de la gâchette pour au contraire faire planer une crispation, qui devient si puissante, si tendue, qu’arrivée à son paroxysme, un seul tir suffit pour donner le coup d’envoi des hostilités. Et là, c’est le drame, on ne les arrête plus.

149055

Samuel L. Jackson et Walton Goggins.

Cependant, ce sang qui coule à flots est toujours secondé par des dialogues aiguisés et des répliques taillées sur mesure et c’est pour cette raison que le cinéma de Tarantino est absolument génial et délicieux : on en prend autant dans les mirettes que dans les écoutilles.

0 Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Scroll Up