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Réchauffement climatique : Quel avenir, quels choix ?

L’ONU a annoncé que 2016 fut l’année la plus nocive pour la Terre, avec des températures jusqu’à 1,5°C supérieures aux moyennes dans certaines régions. Le réchauffement climatique s’accélère, les changements sont désormais plus que visibles autour de nous. Alors, quand est-ce qu’on se bouge?

Entre décès et catastrophes

Selon l’Organisation Internationale du Travail (OIT), en 2014, 375 000 personnes meurent chaque année, suite à l’exposition à des produits chimiques, soient plus de 1 000 morts par jour. Si de nombreuses professions sont concernées, le rapport cible particulièrement les professionnels de l’esthétisme, comme le personnel des salons de coiffure et de manucure. Les mesures contre le méthacrylate et le méthyle, très courant dans ces professions, sont très lentes à être mises en place. Mais d’autres corps de métier sont également visés, comme les agriculteurs ou les personnels d’entretien. Ces décès s’ajoutent aux 2,1 millions de morts dans le monde dues aux particules fines et à la pollution atmosphérique, notamment liées à l’importance du diesel dans nos transports. Asthme, cancer et maladies liées aux poumons se sont particulièrement aggravés ces dernières années, notamment dans nos métropoles.

La France n’est évidemment par épargnée. Le Nord, la Seine-maritime et la Gironde sont les départements les plus touchés avec plus de 300 sites pollués. Si les villes sont des lieux particulièrement sensibles parmi ces sites, les zones rurales ne sont pas épargnées, notamment du fait de l’agriculture intensive.

L’épuisement des ressources ne ralentit pas notre façon de consommer

On nous a rappelé encore et encore que la Terre n’est pas inépuisable, qu’il faut trouver des solutions alternatives, comme les énergies renouvelables. Des solutions ont été trouvées, et pourtant…

En 2012, sur l’ensemble de la production mondiale d’énergie primaire – c’est à dire l’énergie disponible dans l’environnement et directement exploitable – le pétrole représente une part de 31% et le charbon 29%. La part du pétrole a plus que doublé entre 1973 et 2012. Si la Chine et les Etats-Unis en sont les plus gros producteurs, la France attire également l’attention pour son importance dans la production du nucléaire : 17% de l’énergie nucléaire mondiale sont produits en France. Elle représente 75% de la production d’électricité.

Cependant, les Français sont de plus en plus nombreux à demander une sortie du nucléaire. Selon un sondage BVA en 2013, 53% d’entre eux se disent favorables à « une sortie progressive du nucléaire en France. » Par ailleurs, la volonté d’un mode de vie plus « vert » se ressent dans le pays, notamment avec l’ouverture de groupes sur les réseaux sociaux, qui permettent aux participants de partager leurs solutions pour réduire leur consommation. Parmi eux, la page « Famille Zero Dechet » partage régulièrement des articles pour parvenir à alléger son sac poubelle. Elle compte à ce jour plus de 65 000 « J’aime ». D’autres groupes plus locaux ont également beaucoup de succès, comme le groupe « Zéro Déchet Lille » qui rassemble près de 2 500 personnes. Cette volonté de se mettre au vert est-elle entendue par les dirigeants français ? Pas sûr.

Le 7 mai prochain, les Français seront amenés à choisir leur nouveau Président. Mais quelles sont les propositions des candidats en matière d’environnement ?

Les candidats en vert

Nathalie Arthaud, la candidate de Lutte Ouvrière (LO), ne désire pas remporter cette élection. En effet, elle envisage sa candidature comme un moyen d’augmenter la notoriété de son parti. Si le rejet de la bourgeoisie et du capitalisme sont au cœur de son projet, l’écologie en est tout simplement absente. Elle souhaite « préserver l’environnement et [considère] la nature comme un patrimoine à protéger ». Cependant, aucun développement n’a été fait, soulignant l’absence d’engagements concrets de Nathalie Arthaud en matière d’écologie.

François Asselineau est le candidat de l’Union Populaire Républicaine (URP). Il souhaite instaurer rapidement un débat sur la question de la sortie du nucléaire qui se terminerait par un référendum. Il veut également lutter contre l’urbanisme à outrance pour préserver le paysage. Dans la partie urbaine de son programme écologique, il prône la rénovation de bâtiment ancien, tout en développant les techniques d’éco-construction. Pour favoriser les productions locales, le candidat de l’URP veut instaurer une taxe verte sur les produits importés.

Jacques Cheminade ne pense pas que les énergies renouvelables seront suffisantes pour la population mondiale qui ne cesse de croître. Il compte donc sur le nucléaire et sur de futures évolutions pour répondre à ces besoins. Il souhaite soutenir et multiplier les circuits courts pour privilégier le commerce local. Pour lutter contre la pollution de l’air, le candidat veut réduire l’utilisation de camions et se reposer sur les trains pour le transport de marchandises.

Nicolas Dupont-Aignan, le candidat de Debout la France ! compte remplacer le pétrole et le gaz par d’autres énergies comme le solaire ou l’éolien. Il souhaite également remplacer les 10 millions de véhicules les plus polluants en proposant un bonus à l’achat de véhicules “propres”, comme les véhicules électriques, tout en augmentant le nombre de bornes de recharge pour ces derniers. Le candidat se place en défenseur du nucléaire, dont il souhaite soutenir la production.

François Fillon, le candidat des Républicains (LR), veut se diriger vers une économie “décarbonnée”. Ainsi, il programme la fin de des énergies fossiles dans notre production d’électricité. Pour permettre à la France d’être énergiquement autonome, le candidat LR veut moderniser le parc nucléaire pour prolonger la durée d’exploitation des centrales nucléaires. Sur la question des transports, François Fillon souhaite développer les véhicules électriques, autant pour les transports publics que pour les particuliers. Son projet met également l’accent sur la protection de la nature, concernant aussi bien les espaces terrestres que maritimes.

Benoît Hamon a été élu lors de la primaire de la gauche. Il souhaite que 50% des repas servis dans les cantines soient issus des produits biologiques. Pour ce faire, il baisserait la TVA sur ces produits. Pour réduire la pollution, il souhaite que la part des énergies renouvelables soit portée à 50% dans le mixe énergétique d’ici 2025. Benoît Hamon programme la sortie du nucléaire, et envisage donc de fermer les réacteurs en fin de vie lors de son mandat. Enfin, le candidat du PS promet la fin du diesel pour les véhicules neufs d’ici 2025.

Jean Lassalle déplore la dépendance de la France sur la question du pétrole, et affirme que les énergies renouvelables sont la clef de sa libération. En donnant la priorité à ces énergies propres, il souhaite créer un substitut au pétrole ainsi qu’au nucléaire. Au sujet de la sauvegarde de la biodiversité, Jean Lassalle pense que c’est à l’échelle locale que les changements sont nécessaires, et donc entre les mains des communes et communautés de communes.

Marine Le Pen, la candidate du Front National (FN) souhaite quant à elle instaurer un « protectionnisme intelligent ». Ainsi, elle compte développer les énergies renouvelables, comme l’énergie solaire et éolienne. Elle maintiendrait et moderniserait le nucléaire français. Enfin, Marine Le Pen interdirait l’exploitation du gaz de schiste.

Emmanuel Macron, du mouvement En Marche (EM), a dévoilé plus tardivement son projet écologique. L’importante part du nucléaire en France (75%) est problématique selon lui, et il affirme vouloir revoir ce chiffre à la baisse, sans toutefois parler de fermer les centrales. Il souhaite atteindre les 32% d’utilisation d’énergie renouvelable dans notre consommation électrique. Emmanuel Macron veut également tendre vers une baisse de l’utilisation du diesel, en offrant une prime pour l’achat d’un véhicule propre, contre un ancien diesel.

Jean-Luc Mélenchon souhaite « ne pas prélever sur la nature davantage que ce qu’elle peut reconstituer, ni plus que ce qu’elle peut supporter ». Derrière cette idée, se dessine 100% d’énergie renouvelable d’ici 2050, et donc la fin du nucléaire. Pour l’agriculture, le candidat de la France Insoumise (FI), interdirait les pesticides chimiques, ainsi que les fermes usines. À une échelle plus locale, Jean-Luc Mélenchon veut rendre le recyclage et le compostage obligatoire tout en luttant contre le suremballage.

Philippe Poutou du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), s’intéresse principalement à l’agriculture dans la partie environnementale de son programme. Il souhaite interdire les pesticides chimiques et favoriser les circuits de distribution courts pour réduire la pollution. Sur les dix années à venir, Philippe Poutou organiserait le « tout biologique » pour l’agriculture française.

Les onze candidats à l’élection présidentielle ne perçoivent pas l’importance de l’environnement de la même manière. Pour aider les électeurs dans leurs choix, Greenpeace a d’ailleurs décortiqué le programme écologique de cinq des candidats. Ce choix sera déterminant pour les cinq années à venir.

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