Arts Musique

Sampha : Process, un premier album réussi

Le 3 février sortait le très attendu premier album de Sampha : Process. Retour sur un artiste complet et son album qui semble déjà être en lice pour être l’un des plus beaux de ce début d’année. 

Un début de carrière prometteur

Sampha commence sa carrière en 2010 avec un premier EP, “Sundanza” , sorti en 2010. La sphère musicale découvrait alors la voix en falsetto du londonien et un son R&N B sophistiqué. Mais le musicien brille surtout par ses collaborations sur de nombreux albums majeurs de ces dernières années.
On le retrouve par exemple sur les deux albums de SBTRKT et se fait révéler grâce au tube “Hold On“.

Il ne s’arrête pas là et continue d’asseoir sa réputation grâce à des collaborations avec Drake (“Nothing Was The Same“), Kanye West (“The Life Of Pablo”), Frank Ocean (“Endless“) et, la dernière en date, sur l’excellent dernier album de Solange: “A Seat at The Table“.
Mais après avoir été relégué au second plan, il est désormais temps pour le jeune Londonien de prendre son envol et sortir son premier long format.

Un album intime

Aux premiers abords, l’album détonne par sa durée, plutôt courte. La sphère rap et RnB étant habituée ces derniers temps à des long formats de plus d’une heure ( “Views” de Drake, “Blonde” de Frank Ocean ou “The Life Of Pablo” de Kanye West), il est rafraîchissant de voir ce type d’album comportant seulement 10 pistes, sans aucun “skit” (sorte d’interlude).
L’album est intimiste, reflétant les pensées d’un homme qui essaye de s’en sortir dans ce vaste monde malgré la perte de ses deux parents.
Sur “Kora Sings“, il chante “You’ve been with me, you’re my angel, please don’t disappear” , probablement une référence à sa mère disparue. Sur “Blood On Me” , il semble terrifié par l’insécurité, terrifié de devoir aller de l’avant après un traumatisme: “I’m on this road now”, “I’m so alone now/Swerving ouf ot control now”.
La production est légèrement différente de ce qu’il faisait auparavant, Sampha essayait de mixer sa voix pour qu’elle fasse partie intégrante de ses productions; désormais la voix devient l’élément principal. On ne peut que penser à James Blake en entendant le résultat.
Le piano est omniprésent sur cet album, comme en témoigne le titre “(No One Knows Me) Like The Piano“, sorte de bouée de sauvetage pour Sampha qui semble décontenancé et perdu dans ce monde.

Le dernier titre “Why Shouldn’t Be I?” nous montre le musicien vulnérable, essayant de se rappeler des moments de sa jeunesse. Il semble s’isoler de sa famille , “I should visit my brothers but I haven’t been there in months” .

Pour conclure Sampha nous livre ici un excellent album, à fleur de peau, avec une production des plus maîtrisées. Son label, Young Turks, peut se targuer d’avoir dans son écurie des artistes aussi talentueux comme en témoigne un autre excellent album de ce début d’année, “I See You” de The XX.

Sampha sera en concert en France pour une unique date à La Cigale à Paris le 11 mars. 

 

0 Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Scroll Up