Arts Cinéma

Split : James McAvoy fait sortir le monstre

Avec son portrait de vingt-quatre monstres, M. Night Shyamalan réinvente le huis clos. Thriller tant attendu de ce début d’année, Split se dévoile par un scénario des plus psychologiques, mêlant le trouble à l’engouement…

Synopsis

Kevin (James McAvoy) souffre de trouble de la personnalité multiple. Un jour, il kidnappe trois jeunes filles. Séquestrées, elles vont devoir « vivre » avec les vingt-trois personnalités de Kevin, diagnostiquées par le docteur Fletcher (Betty Buckley).

L’essor d’un psychopathe

Hedwig, Patricia, Barry, Orwell ou encore Jade, voici les quelques personnalités se bousculant dans la tête de Kevin Wendell Crumb. Atteint du trouble dissociatif de l’identité, Kevin vit à l’unisson avec lui-même, entravé par l’incompatibilité de ses vingt-trois personnalités. Comme son titre l’indique, Split retrace le portrait d’un homme au comportement divisé : d’un enfant de neuf ans à une inquiétante femme manipulatrice en passant par un homme atteint de trouble obsessionnel du comportement, voici entre autres les quelques identités résidant au cœur de ce psychopathe.

Loin de n’être qu’un film noir, Split nous transporte au centre de cette condition mentale, construite brutalement autour d’un traumatisme infantile. Entre empathie et aversion, nous nous retrouvons brutalement plongés au cœur d’un tourment psychologique où le suspense ne cesse de progresser.

Jusqu’où ira-t-il ? Voici la question qui nous maintient prisonnier de l’écran pendant 1h57. Split se révèle être un thriller qui se construit parallèlement à l’évolution d’une maladie. C’est par le biais du docteur Fletcher que nous apprenons à percevoir l’étendue de la capacité cérébrale de cet homme, hanté par la démence. Malade certes, mais entièrement conscient de l’existence de cette souffrance, Kevin bouscule les limites du savoir : c’est par l’interaction de ses vingt-trois personnalités qu’il se construit peu à peu une énième identité, cette fois-ci, belle et bien destructrice. A l’approche de cette dernière façade, nous comprenons que Kevin n’existe plus que par l’intermédiaire du diable…

James McAvoy dans le rôle de Patricia

Un huis clos claustrophobique

Un souterrain désertique, une faible luminosité, une bande son inexistante… Avis aux agoraphobes, ce thriller est fait pour vous ! Aux allures d’un remake de 10 Cloverfield Lane, Split fait partie de ces films oppressants, nous faisant vivre l’expérience du huis clos.

L’isolement apparaît comme le maître mot de ce thriller claustrophobique. Littéralement parlant, le scénario de Split recouvre toutes les notions en lien avec l’enfermement : kidnapping, évasion, punition, détresse… Mais l’isolement se mesure également d’un point de vue psychologique. Les deux personnages principaux, Kevin et Casey se ressemblent étrangement. Tous deux vivent en déconnexion avec le monde extérieur, dans l’incapacité de se mesurer aux généralités de la vie. Poursuivis par un passé commun, tous deux vivent avec leurs propres démons psychologiques et se retrouvent ainsi liés.

L’impureté des hommes, tant condamnée par Kevin, apparaît dès lors comme la marque d’absence de souffrance. Le kidnapping de ces trois jeunes filles se révèle n’être qu’un prétexte de vengeance envers ces femmes, décrites comme étant « souillées » par le bonheur.

Anya Taylor-Joy dans le rôle de Casey Cook

James McAvoy fois vingt-quatre

Majestueuse. Voici le mot qui semble définir au mieux la performance de James McAvoy dans ce rôle de fou furieux. Vingt-quatre styles vestimentaire, vingt-quatre comportements, vingt-quatre tableaux.

« J’ai fait mon travail de 9 façons différentes. J’ai adopté différentes postures, une façon de parler propre à chaque personnalité, j’ai appris à connaître leur histoire et les choses que chaque personnalité souhaitait obtenir. » James McAvoy.

Vingt-quatre personnalités jouées dans un seul et même corps. Ce challenge aussi fou que le rôle en lui-même, est pourtant remarquablement relevé. Imprégné par chacun de ses rôles, James McAvoy surprend le spectateur en lui livrant une prestation des plus spectaculaires : du langage corporel au registre vocal, James McAvoy fait de ces personnages fictifs, des personnalités à part entière. C’est sans doute pour cette raison que nous nous retrouvons dangereusement épris d’une légère empathie pour le personnage de Kevin, joué à la perfection.

Avec cette performance, James McAvoy se dévoile et ouvre les portes à de nombreux rôles prometteurs dans le tout Hollywood…

James McAvoy dans le rôle de Hedwig

Aussi psychologique que dramatique, Split surprend autant par l’originalité de son script que par la performance de ses acteurs, de quoi faire revenir M. Night Shyamalan sur le devant de la scène. Alors, oserez-vous défier le monstre ?

Split. Sorti le 22 février 2017. De : M. Night Shyamalan. Avec: James McAvoy, Anya Taylor-Joy, Betty Buckley. Genre : Thriller. Durée : 1h57. Nationalité : Américain.

Mégane Bouron

Etudiante en Histoire à Brest, je suis surtout obnubilée par le cinéma indépendant. Mon entourage me qualifie quelquefois de grognon, mais en réalité, je raffole de milles chose dans la vie, comme la musique Indie-Folk, et mon chat (mais ça c’est une autre histoire). Ah oui, et j’aurais aimé être un petit rat de l’opéra, mais bon allez voir des ballets, c’est tout aussi bien !

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