Atelier Éclairage TDMA

Des universités clandestines bahaïes en Iran

Divague et Le Tour du Monde de l’Actu vous racontent cette semaine l’histoire de la religion bahaïe, ou plutôt celle de ses croyants. En tant que non-musulmans, ils sont dans l’obligation d’étudier dans des universités clandestines. Etablis depuis près de 150 ans en Iran, les Bahaïs ont du mal à se voir reconnus et respectés par le régime.

Des Bahaïs présents en Iran depuis un petit bout de temps

La religion bahaïe, née en Perse au XIXème siècle, représente aujourd’hui la plus grande minorité non-musulmane en Iran. Mais dans ce pays, on distingue les minorités religieuses en fonction de deux statuts. D’une part, les chrétiens, juifs et zoroastriens sont protégés. Leur sont attribués une certaine liberté de culture ainsi des sièges au Parlement. D’une part, certains cultes sont considérés comme « apostasies », c’est-à-dire sans liberté religieuse. Vous vous en doutez… Le bahaïsme est à replacer dans le second cas.

 

Une sélection à l’université sur la base de critères religieux

Comment étudie-t-on lorsque la sélection d’entrée à l’université fonctionne notamment sur la base de critères religieux ? Pour les Bahais, ce n’est pas chose facile. En janvier dernier, la BBC s’intéressait au parcours scolaire d’une jeune femme bahaïe. Après une adolescence bousculée à cause de sa foi, elles réside aujourd’hui aux Etats-Unis. C’est à la BIHE : l’institut bahaï d’éducation supérieure, que Mona a étudié, non pas par intérêt mais parce qu’il s’agissait de l’unique moyen d’apprendre en Iran.

« Quand j’ai passé l’examen d’entrée, j’ai écrit que je n’étais pas musulmane. Il y avait une option « autres », donc je me suis enregistrée en tant qu’ « autre ». Lorsqu’ils m’ont envoyé mes résultats positifs, ils ont précisé que je pouvais m’inscrire et cocher Islam comme religion. Mais dans ma croyance, tu ne dois pas mentir, tu ne dois pas nier ta croyance, donc j’ai dit que je n’étais pas musulmane. Ils m’ont répondu « Ok, bonne chance, tu ne peux pas rentrer à l’université. » »

 

Des universités clandestines pour palier cette inégalité

L’université bahaïe ne propose pas seulement des cours de théologie, mais aussi de chimie, de droits, ou encore d’ingénierie. Elle ressemble jusqu’ici à une université classique… A un détail près. La clandestinité de la BIHE impose un rythme soutenu : les cours se déroulent dans des lieux privés, souvent d’un côté de Téhéran le matin, de l’autre l’après-midi. Certains cours sont dispensés via Skype, d’autres peuvent être interrompus par une descente du régime. Une fois le diplôme en poche, qu’en faire dans un pays où il n’est pas reconnu ? Mona a préféré immigrer pour continuer ses études.

 

Le régime iranien : seul ennemi des Bahaïs

Selon le docteur français Foad Saberan, né à Téhéran : « On est loin d’assister à des assassinats permanents de la part du peuple iranien, on constate que depuis trente ans, seul le Régime islamique tourmente les membres de la communauté bahaïe. »

L’association Iran Press Watch documente les luttes de la communauté bahaïe iranienne pour les droits civils. Elle a récemment rapporté qu’une quinzaine d’étudiants bahaïs ont été renvoyés d’universités iraniennes entre décembre 2016 et janvier 2017.

 

Anne-Laure Juif
Alix Guiho

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