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Les zones blanches du réseau mobile fracturent encore la France

Malgré la mise en place de plans progressifs de couverture en très haut débit de l’ensemble du territoire français, certains départements restent particulièrement touchés par la fracture numérique. Plusieurs zones blanches et zones peu denses subsistent. État des lieux.

Une zone blanche est une zone qui n’est couverte par aucune opérateur mobile. On n’y capte ni la 2G, la 3G ou la 4G. Une zone peu dense est une zone couverte par la 2G et la 3G, mais non par la 4G.

Un accord pour améliorer la couverture réseau

Le gouvernement a annoncé un accord avec les principaux opérateurs téléphoniques français (Orange, Bouygues, Free et SFR) pour accélérer les investissements sur les territoires enclavés. Dans ces zones blanches, aucun appel téléphonique ni utilisation d’Internet n’est possible.

L’Arcep (l’Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes) est le garant de la mise en place opérationnelle de ce projet. Il s’inscrit dans le cadre du plan France très haut débit, lancé en 2013, qui vise à achever la couverture de l’ensemble des communes de l’Hexagone. La situation serait donc en passe d’être réglée, après plusieurs années d’attentes.

Quatre données clés

18% de la population n’a pas accès à la 4G alors que 99% dispose de la 3G, d’après l’Arcep.

Free est l’opérateur affichant le taux de vidéos de bonne qualité le plus bas en zones rurales (24% de vidéos parfaites, contre 58% pour Orange).

Parmi les 28 États membres de l’UE, la France se classe 24ème pour sa couverture 4G. (Source : Commission Européenne.)

156 812 personnes vivent dans des communes zones blanches. En moyenne, les communes zones blanches comptent 300 habitants.

Les 541 zones blanches épousent les formes de la diagonale du vide, bande traversant le territoire français faiblement peuplé.

Tout comme pour les zones peu denses, le nord-est est particulièrement touché : la Meuse (55), la Meurthe-et-Moselle (54) et la Moselle (57) contiennent une trentaine de communes enclavées, n’ayant aucun accès à Internet ou à un réseau téléphonique. Le sud-ouest est aussi concerné, notamment l’Aude (11).

Le Nord-Est en mal de 4G

La couverture du territoire français de la 4G est très disparate. Le Nord-Est de la France est particulièrement concerné : la Côte d’Or (21) compte plus de 500 communes n’ayant pas accès à la 3G, tout comme l’Aisne (02).

À l’inverse, l’Ouest et le Sud de la France semblent plutôt préservés, le Var (83) contenant moins de 10 communes sans 4G par exemple, ainsi que les Bouches-du Rhône (13), le Vaucluse (84), ou la Vendée (85).

Portrait-robot des zones blanches

Les zones blanches françaises ont certains points communs. Ces 541 communes sont toutes faiblement peuplées, à peine plus de 300 habitants en moyenne alors qu’une ville française en compte en moyenne six fois plus. Les populations touchées par cet isolement sont souvent plus âgées.

L’enclavement de ces territoires n’est pas seulement numérique, il peut aussi être économique. Revenus moins élevés, nombre de commerces réduits, des administrations publiques moins nombreuses… Une ville moyenne française en compte en moyenne vingt-et-une, contre trois pour les 541 communes dites « zones blanches ».

Efforts disparates d’un département à l’autre

Depuis la mise en place de plans visant à augmenter la couverture nationale en haut débit, certains départements se sont distingués dans la réduction du nombre de zones blanches. Ceux-ci font partie des régions les plus frappées par la fracture numérique (sud-ouest et nord-est).

La Côte-d’Or, par exemple, a drastiquement réduit le nombre de communes situées en zone blanche, même si plus de 500 communes peu denses subsistent (cf carte 1).

Paradoxalement, la situation a empiré dans plusieurs départements comme la Meurthe-et-Moselle, qui est maintenant une des zones où la concentration de zones blanches est la plus élevée de France (cf carte 2).

Méthodologie

Les données utilisées pour les zones blanches sont issues de LegiFrance (arrêté ministériel du 5 novembre 2015 consolidée au 15 juillet 2017) : elles établissent un état des lieux pour juillet 2017 des communes en zone blanche. De même, les données de l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) ont pu permettre d’effectuer un bilan au 1er juillet 2017 de la répartition par département des zones peu denses. Ces statistiques ont également permis de fournir une perspective historique via les données de 2003, qui ont permis de comparer les « bons » et « mauvais » élèves en termes de couverture départementale du haut débit. En effet, nous avons choisi de nous intéresser aux départements pour avoir une vision plus locale et fine qu’à l’échelle régionale. Afin de déterminer les âges moyens, nous avons utilisé les données de l’Insee compilant les tranches d’âge à l’échelle nationale, par département et par commune.

Limites de notre méthodologie

Les 541 communes considérées en zone blanche ont été classifiées ainsi via des mesures effectuées au centre-bourg de la ville. Cela limite la précision de nos données, puisque si une commune est desservie en 2G au centre-bourg mais pas aux alentours, elle ne sera pas comptabilisée comme zone blanche. Aucune donnée n’est disponible sur le pourcentage des communes couvertes par la 2G/3G/4G.

Kenan Augiard
Adèle Le Canu
Léa Fournier
Charlotte Peytour

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